Militaires en rue: plus de 200 millions d’euros en cinq ans

Militaires en rue: plus de 200 millions d’euros en cinq ans

Depuis la mi-2018, le gouvernement prolonge de mois en mois le plafond théorique de 550 militaires engagés. ÉdA Mathieu GOLINVAUX

L’armée entre vendredi dans la sixième année de son opération de sécurité intérieure Vigilant Guardian (OVG), lancée dans l’urgence en janvier 2015 dans un contexte terroriste et qui s’éternise en dépit du souhait de la Défense de voir se réduire cet appui à la police fédérale pour permettre aux militaires de se recentrer sur leur métier premier.

Le coût – remboursé par la provision interdépartementale destinée à la lutte contre le terrorisme – a franchi la barre des 200 millions d’euros, a indiqué jeudi un responsable militaire à l’agence Belga.

Les militaires belges sont présents en rue, autour de sites «sensibles» (comme des ambassades ou des lieux de culte) et de sites nucléaires depuis le 17 janvier 2015, à la suite de l’attentat contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo à Paris et du démantèlement d’une cellule djihadiste à Verviers.

Deux jours plus tard, avec une menace terroriste rehaussée à 3 (sur une échelle de quatre) par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam), le gouvernement décidait de lancer une mission armée, mais «statique», mobilisant le double du nombre de militaires initialement prévu (nombre initial 150).

Depuis la mi-2018, le gouvernement prolonge de mois en mois le plafond théorique de 550 militaires engagés, même si le nombre réel n’est que de 420 personnes, dont 94 en «réserve rapidement disponible», selon l’expression du ministre de la Défense Philippe Goffin (MR).

La hiérarchie militaire estime qu’OVG ne devrait idéalement impliquer que de 200 à 300 militaires pour ne pas nuire à leur entraînement et à leur vie sociale.

Sensible à ces arguments, M. Goffin a exprimé fin décembre sa volonté de «réduire au plus bas possible» la mobilisation de militaires en rue, en fonction de négociations en cours avec le SPF Intérieur et la police fédérale.

Le coût de l’opération a entre-temps franchi la barre des 200 millions, selon le chef des opérations à l’état-major de la Défense, le capitaine de vaisseau Carl Gillis.


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