TOURNAI

Le Tournai d’avant: il y a deux cents ans, la ville au vert

Est-il trop tôt pour croire au proche printemps? Perce-neige, narcisses et bourgeons s’ouvrent le chemin de la lumière; bientôt, parcs et jardins, squares et boulevards se vêtiront d’espérances car le Tournaisien vit dans une des villes parmi les plus arborées du royaume grâce à quelques pionniers. Depuis tout juste deux cents ans.

Bourgeois et nature

Qu’étaient tristes les rues de Tournai en ce début de XIXe! Dans la cité enclose par remparts, sans air ni lumière, la densité des habitants éloignait tout espace vert.

Oh, il y avait bien quelques exceptions, hôtel de ville, «curoirs» de Saint-Jean et quelques jardins privés où, dotés d’une belle aisance et de loisirs, des amateurs de nature jettent les bases d’une ville verte.

Leur cercle est restreint d’abord; Ils organisent, entre eux, au moins depuis 1812, des concours primés pour avoir présenté une plante rare, Cheranthus Cherii, in Asclépia tuberose ou un Ixora coccinea. Lors de l’été 1818, M. Dumortier-Rutteau. remporte la palme.

C’est celui-ci qui prend l’initiative de réunir ses amis; naît ainsi la Société d’amateurs-fleuristes.. Les choses se font comme il se doit, le règlement, fondamental le 9 juillet 1819, énonce droits et devoirs des membres dont la tenue de deux expositions annuelles de quatre jours, la souscription obligatoire, la nomination d’un comité.

Les premières réunions se tiennent à l’hôtel de la Régence, en fait, l’hôtel de ville, le 8 octobre 1818 et le 31 janvier 1919. Nombre de détails y sont réglés notamment l’octroi au vainqueur du prix de culture «d’une médaille de bronze portant son nom et celui de la plante».

L’émulation est encouragée par nombre d’accessits et par une récompense en médaille de bronze en faveur de la culture des plantes forcées, tulipe, pivoine, rose des Dames, lys tigré, Coronilla emerus.

Il serait oiseux de suivre pas à pas sa croissance. Notons cependant qu’en 1920 déjà, la société sœur de Gand arrête «que les plantes de Tournai y seront exposées en son honneur». La réciprocité est de mise et, après avoir reçu Gand, les villes de Bruges, Utrecht, Louvain, Harlem, Bruxelles, Paries et autres participent aux expositions.

Le nombre de membres s’accroît rapidement; dès lors, l’appellation de «Société d’Horticulture» s’impose en 1821 et compte des correspondants à Londres, Paris, Rouen; son comité se densifie notamment avec l’avocat Delbrouque en président, l’échevin Dehults, futur bourgmestre, le seconde et, à l’unanimité, M. Dumortier-Rutteau en est le secrétaire.

Initiative nouvelle, la culture des fruits et en particulier de la pomme et de la poire avec concours et. médaille d’honneur. La recherche de nouvelles espèces y figure. Au marché aux fleurs du Vendredi Saint, la société s’associe en décernant une médaille au jardinier présentant la plus belle et la plus riche collection de plantes; le Gantois P. Verschaffelt inaugure l’idée.

Ces sucés ne laissent pas les édiles indifférents, en 1825, un local pour conférences est mis à la disposition de la société ainsi qu’un emplacement dans le parc afin d’y créer un Jardin botanique, lequel occupera durant quelques années l’extrémité de la Place du parc, devenue en 1935, la place Reine Astrid.

En quelques années, la Société d’Horticulture ouvre à tous de nouvelles opportunités et ses expositions font courir les foules.

(À suivre)