La SNCB va bientôt mettre en service entre Liège et Bruxelles ses voitures M7

La SNCB va bientôt mettre en service entre Liège et Bruxelles ses voitures M7

Les nouvelles voitures sont décriées car la hauteur des marches ne facilitera pas l’accessibilité. BOMBARDIER

La SNCB a reçu lundi matin la première de ses nouvelles voitures M7 commandées en 2015 et prévues pour le trafic voyageurs.

La compagnie va les mettre en test tout au long du mois sur des connexions Liège-Bruxelles, en heures de pointe, a précisé un porte-parole.

La SNCB avait passé commande fin 2015 de 445 voitures M7, à double étage, auprès du fabricant canadien Bombardier. La livraison a pris du retard, mais les premiers exemplaires sont prêts à être mis en service. La compagnie espère, avec ces voitures, améliorer son offre et sa ponctualité.

Après une phase test sur la jonction Bruxelles-Liège, la SNCB les utilisera sur d’autres lignes le mois prochain. D’ici le printemps, des trains complets avec ces voitures devraient être opérationnels.

 

Des détracteurs: et les PMR ?

 

Les M7 ne convainquent pourtant pas tout le monde. Le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) critique depuis le début la hauteur de marche qui ne correspond pas à la hauteur des quais de gare. Les quais se situent chez nous à 28, 55 ou 76 cm de hauteur, l’entrée dans le M7 se fait à 63 cm. Autrement dit: les personnes en chaise roulante auront besoin d’assistance pour y pénétrer. «Une telle voiture est prévue pour 30 ans. Cela signifie que ça va encore prendre des décennies avant que des gens à mobilité réduite puissent prendre le train de manière autonome», commente la vice-présidente du Conseil, Ingrid Borré, dans les pages du Morgen.

+ LIRE AUSSI 4 % des gares équipées pour les PMR

Les critiques du CNSPH, relayées lundi matin dans les journaux De Morgen et Het Laatste Nieuws, ont trouvé écho dans la journée auprès de certains politiques. Le député PS Hervé Rigot indique ainsi avoir déposé en commissionMobilité une question au ministre François Bellot (MR), en charge de la SNCB, à ce sujet. Le fait de multiplier les voitures non adaptées à la hauteur des quais «condamne nombres de femmes et hommes à dépendre de tierces personnes pour accéder à un droit élémentaire: celui de circuler librement sur l’ensemble de notre réseau ferroviaire», s’insurge le député socialiste.

Son collègue du CD&V, Jef Van den Bergh, s’est également fendu d’un communiqué lundi, soulignant que l’incompréhension concerne le fait que la SNCB a récemment décidé de commander une deuxième fournée de ces voitures à double étage M7. «Il est incompréhensible que la SNCB, malgré les réactions négatives et les actions, s’amuse à commander encore un même matériel ferroviaire qui affiche des manquements en termes d’accessibilité», indique le député CD&V.

Ce dernier souligne que le parlement a approuvé en 2015 une résolution qui plaçait l’accessibilité des trains parmi les priorités. Le contrat de gestion passé entre l’État et la SNCB stipule aussi que la société doit tenir compte des passagers à mobilité réduite lors de l’achat de nouveau matériel.

Lors d’une récente réponse du ministre Bellot à une question parlementaire (du N-VA Tomas Roggeman), ce dernier avait rappelé que la soixantaine de centimètres de hauteur d’embarquement est un compromis entre «les hauteurs de quai qui représentent ensemble plus de la moitié des quais» (soit 55 et 76cm). La personne en chaise roulante a effectivement besoin d’assistance pour embarquer, mais chaque M7 aura «une voiture multifonctionnelle, avec des places confortables en suffisance pour les usagers en fauteuil roulant et des toilettes adaptées», avait-il souligné.

Le fait de rendre accessibles le plus de gares possible est par ailleurs un projet en cours, avec pour objectif 150 gares «intégralement accessibles» (avec entre autres tous les quais rehaussés à 76 cm) à l’horizon 2025. Elles étaient 71 en 2019.