BELGIQUE

Des stickers de kiwi à la place des timbres? Ça a marché 8 fois sur 10

Des stickers de kiwi à la place des timbres? Ça a marché 8 fois sur 10

Quelle différence entre un timbre et un autocollant de kiwi? Le prix, pour commencer. Reporters/GYS

Des témoignages affirmaient que plusieurs lettres affranchies avec un autocollant de kiwi sont arrivées à bon port. Chez Bpost, on pointait la fin d’année chargée. Mais l’explication ne convainc pas tout le monde.

Est-il possible de tromper Bpost avec un timbre «kiwi»? Plusieurstémoignages relayés dans la presse flamande l’affirmaient en tout cas, lors de la période chargée de fin d’année.

Photos à l’appui, on découvre par exemple sur Facebook qu’un habitant de Dixmude a réussi à envoyer une carte postale affranchie d’un autocollant de la marque Zespri. Celle-ci était correctement tamponnée par Bpost et est donc bien arrivée à destination.

Plusieurs autres tests ont été menés avec des autocollants d’autres fruits, comme une banane, une poire et une noix de coco, comme le montre la photo ci-dessous. Tout n’a pas fonctionné, mais le kiwi bien.

«J’ai payé 0,97 euro pour des timbres en 2019. Pour un kiwi, je n’ai payé que 69 cents la pièce. C’est donc moins cher et vous avez des vitamines en plus», ironise Andy Vermaut sur sa page Facebook.

8 sur 10 pour le Nieuwsblad

Ce lundi, le Nieuwsblad a dévoilé le résultat de son expérience sur l’envoi de 10 cartes affranchies avec des stickers de kiwi, le tout posté la semaine dernière.

«Ce qui a commencé comme un coup de chance à la fin de l’année ressemble maintenant à un problème plus important dans les centres de tri», écrit le média néerlandophone.

En effet, 8 lettres sur 10 avec des autocollants de fruits sont arrivées chez leur destinataire. Mieux encore, la moitié sont arrivées très rapidement, comme avec un timbre prior. Une seule a été renvoyée à l’expéditeur et une dernière lettre a disparu.

Selon la porte-parole de Bpost, Veerle Van Mierlo, le tri automatique du courrier n’est pas en cause. «Nous l’avons testé à nouveau et les lettres “kiwi” ne passent pas à travers nos machines», explique-t-elle dans les colonnes du Nieuwsblad. L’explication se trouverait plutôt du côté humain. «Nous ne blâmons personne. Nous sortons tout juste de la période mouvementée de fin d’année. Il y a beaucoup de travailleurs intérimaires qui ne connaissent peut-être pas bien tous les processus.»

Pour Jean-Pierre Nyns, du syndicat ACOD (CGSP), l’argument ne tient pas. Il s’agit bien d’un problème logiciel, selon lui, car le personnel est capable de faire la différence entre un portrait du roi Philippe et un autocollant de kiwi. «Les machines ne scannent pas correctement les lettres. […] Il appartient à Bpost de mettre son matériel en meilleur état.»

Le Nieuwsblad rappelle que lorsque Bpost intercepte une lettre incorrectement affranchie, elle la renvoie normalement à l’expéditeur. S’il n’est pas connu, le courrier sera malgré tout envoyé au destinataire, qui devra payer les frais de port.

Ce qui n’a pas été le cas lors de ses tests.