HUY

Préavis d’action déposé par les pompiers de la zone Hemeco

Préavis d’action déposé par les pompiers de la zone Hemeco

Des actions sont annoncées si la direction maintient son souhait de revenir à un régime de 12 heures de pause. Eda Renson

Le front commun syndical CSC-SLFP de la zone de secours Hemeco (Hesbaye Meuse Condroz (Hemeco) a déposé un préavis d’action qui débute ce lundi 13 janvier et ce, pour une durée indéterminée. Les sapeurs-pompiers refusent de passer de 24 heures de pause à 12 heures de pause, ce que le conseil de zone tente de leur imposer.

Voilà plus d’un an que les négociations bloquent sur le règlement de travail et en particulier sur un point: les horaires. «L’employeur persiste à vouloir modifier les pauses du personnel, détaille Thierry Gilson, secrétaire permanent CSC Liège-Verviers. En effet, il veut lui imposer de revenir à des prestations de 12 heures, comme il y a trois ans. Or, actuellement, à la satisfaction générale, les sapeurs-pompiers prestent des pauses de 24 heures.»

Selon le syndicat et les travailleurs, les raisons invoquées par la direction, d’ordre organisationnel, de santé et budgétaire, restent obscures. Afin de sortir de l’impasse, à la demande de la CSC Services publics, un référendum a été organisé en mars 2019, auprès de l’ensemble du personnel. Et les travailleurs se sont exprimés à 87% en faveur du maintien des pauses de 24 heures.

«Avec des pauses de 24 heures, ils récupèrent 72 heures, ce qui leur permet de faire le vide émotionnellement après des interventions difficiles ou lourdes, de se ressourcer dans leur famille, de décompresser et de revenir d’attaque, indique le secrétaire permanent. Avec 12 heures de pause, ce temps de repos chute à 24 heures. Les hommes estiment que ce n’est plus assez. Par ailleurs, de nombreuses grandes zones de secours sont elles aussi déjà en pause de 24 heures: Namur, Liège, Verviers, Bruxelles (qui gère 1 100 hommes).»

Malgré cette expression pourtant très claire en faveur du maintien des pauses de 24 heures, la hiérarchie continue à vouloir imposer une modification des horaires. «Il y a un revirement de la part de l’autorité de fermer ce point, qui était pourtant resté ouvert, et de l’amener en conciliation. Manifestement, elle ne veut pas entendre le message de ses pompiers.»

Dès lors, les pompiers de la zone Hemeco, «furibards et déterminés», insiste la CSC, ont décidé, via un préavis d’action, d’user de tous les moyens prévus par la loi sur le statut syndical pour se faire entendre. Des actions sont à prévoir dans les prochaines semaines, voire les prochains jours si «le collège de zone ne nous envoie pas un signal positif». «Les actions ne prendront toutefois pas en otage la population. On envisage des coups de semonces, des interpellations», prévient le secrétaire permanent. La grève pourrait également être envisagée, «mais en dernier recours».

La zone de secours Hemeco compte 60 pompiers répartis sur deux casernes (Huy et Hamoir). Elle couvre 15 communes: Amay, Anthisnes, Clavier, Comblain-au-Pont, Ferrières, Hamoir, Héron, Huy, Marchin, Modave, Nandrin, Ouffet, Tinlot, Villers-le-Bouillet et Wanze.

Christophe Collignon: «Aucune décision n’est encore prise!»

Christophe Collignon, président de la zone Hemeco et bourgmestre de Huy, s’étonne de la sortie des syndicats à ce stade. «Le dossier est mis entre les mains des instances de concertation. Aucune décision n’est encore tombée. À ce stade, le collège zonal estime n’être pas suffisamment informé. C’est assez étrange et singulier de déposer un préavis pour quelque chose qui n’existe pas. Ça me paraît tout à fait prématuré.»

Le président de la zone rappelle par ailleurs qu’actuellement, c’est le régime des 12 heures de pause qui est repris dans le règlement de travail. «Il y a trois ans, l’état-major, sur la suggestion des syndicats, avait accepté de tester les pauses de 24 heures. Il se fait que cela a pris du temps mais officiellement, la zone est toujours en régimes 12 heures. Aujourd’hui, nous devons nous mettre en ordre sur ce règlement de travail et évaluer notamment le pour et le contre des deux régimes. La législation européenne à ce sujet ne préconise pas les 24 heures. Mais d’un autre côté, les pompiers y trouvent un avantage. La réflexion doit prendre en compte l’impact sur le bien-être social mais aussi l’impact sur le mode de fonctionnement dans les casernes. Rien n’est donc tranché et ce dossier, fort technique, est mis en instruction au sein du collège zonal.» Une prochaine réunion du Comité de Concertation de Base (CCB) est programmée en février.