La scène hutoise perd Marc Morgan, son éclaireur

La scène hutoise perd Marc Morgan, son éclaireur

Marc Morgan avait montré la voie à d’autres artistes mosans aujourd’hui sous le choc. Pascal Schyns – Sofam

Marc Morgan (57) est décédé. Il était un des pionniers de la scène musicale hutoise qui est complètement sous le choc.

La nouvelle est tombée ce vendredi en début de soirée comme une corde de guitare qui se casse sans prévenir. Le Marchinois Marc Morgan (Wathieu dans le civil) est décédé à l’âge de 57 ans des suites d’un souci de santé. Nombre de musiciens de la scène hutoise ont quelque part perdu leur éclaireur. «Avec des gars comme Alain Pire et Sergio Taronna, il était un de mes pères artistiques, confie le Braivois Calogero Marotta qui l’épaulera à la basse à partir de 1995. Ado, j’allais les voir au sein des Révérends du prince Albert. Ils nous ont prouvé dans la région qu’on pouvait faire de la musique et se faire connaître. Marc a toujours été un gage de qualité. C’était un orfèvre en matière d’écriture des musiques et des textes. Il ciselait ses chansons. Je l’ai accompagné jusqu’à son dernier album que nous étions allés enregistrer à Berlin avec les Obstacles. Il était toujours d’égale humeur. D’une grande simplicité.»

«Il écrivait comme il respirait»

Depuis cette dernière sortie dans les bacs, Marc Morgan s’était mis en retrait de la scène en passant le relais à ses enfants Maxime et Juliette. Son quotidien était celui d’un professeur à l’École de recherche graphique (ERG) et à Albert Jacquard sans pour autant complètement tourner le dos à sa passion pour la musique. Il animait ainsi ses podcasts pour Radio Rectangle avec le team Freaksville Records du Sérésien Benjamin Schoos pour lequel il a encore sévi comme guitariste dans une tournée avec Lio.

Il prêtait ainsi parfois volontiers ses talents pour d’autres artistes. À son apogée dans les années 90 avec les albums «Un signe sur l’Orénoque» et «Les grands espaces», il avait tissé des textes pour Sylvie Vartan et Dick Rivers. En toute discrétion, il lui est arrivé de rendre visite à Jean-Louis Murat en Auvergne ou de recevoir Nicola Sirkis (Indochine) dans son home-studio marchinois sans s’en enorgueillir. «Marc a toujours été très prolifique. Il écrivait comme il respirait, témoigne Philippe Content qui l’a côtoyé au sein des Révérends du prince Albert et ensuite des Tricheurs. Avec les Tricheurs, on a fait des dates en France avec l’album “Tendez vos lèvres” et son single “Le Jour J”. Cela s’est clôturé par un double concert en Louisiane. Puis Marc est parti en carrière solo et il a bien fait. Je retiens de lui une sorte d’insatisfaction permanente de ce qu’il faisait. Recommencer, recommencer, tenter d’avoir une meilleure voix, un meilleur son de guitare… C’était quelqu’un d’extrêmement méticuleux qui prenait des notes en permanence et enregistrait des bouts de mélodie sur des cassettes à l’époque. Et puis, quel dessinateur de grand talent! On s’est très peu croisé ces dernières années, mais je savais qu’il continuait à faire des choses extrêmement intéressantes.»

Reste cette anecdote souriante qui vient à l’esprit d’Alain Pire. «On répétait à Marchin avec les Révérends. Et voilà qu’un jeune gars un peu frêle entre dans la pièce discrètement. Puis, sans rien demander, il est venu se mettre derrière le micro pour faire quelques “ouap ouap”. C’était le fils du médecin du village. On s’est dit: il est doué pour la musique celui-là. Et il est devenu le pilier du groupe.»


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