MUSIQUE

Décès de Marc Morgan: «J’ai perdu un frère», dit Rudy Léonet

Décès de Marc Morgan:  «J’ai perdu un frère», dit Rudy Léonet

Marc Morgan était un musicien autodidacte et hyperdoué. «C’était un vrai artiste», souligne Rudy Léonet. Jérôme Danthinne

Le chanteur belge Marc Morgan est décédé inopinément vendredi. Rudy Léonet (RTBF) lui rend un hommage émouvant.

La nouvelle est tombée en fin d’après-midi vendredi. Marc Wathieu – mieux connu sous son nom de scène Marc Morgan – est décédé inopinément vendredi à l’âge de 57 ans à son domicile, à Marchin. Nous avons joint l’animateur de la RTBF Rudy Léonet (ex patron de Pure FM), qui était un ami proche. Durant les années 90, il avait participé avec lui, Bernard Dobbeleer et Alain Debaisieux au groupe La Variété. «Un jour, je lui avais envoyé des textes… Et à ma grande surprise, quinze jours plus tard, il me renvoyait une cassette avec mes textes mis en musique. Ensuite, on s’est pris au jeu et je les ai chantés, bien plus mal que lui…», raconte, Rudy Léonet, très ému.

«Ce qui est formidable avec Marc, c’est qu’il était naturellement doué. Il était musicien et producteur autodidacte, mais il a toujours fait les choses avec une facilité déconcertante. Et il a toujours eu cette sorte de modestie à laisser entrer les gens dans son univers.»

Homme au grand cœur, il possédait un studio à la maison et y accueillait tout le monde, connu ou moins connu.

«En 1993, Notre mystère, nos retrouvailles a été un énorme succès en France. C’était le tube de l’été. Ensuite, cela n’a pas pu se convertir en autre chose, mais il n’a pas eu de goût de trop peu ou d’esprit de revanche. Il s’est mis en retrait et a continué à faire de la musique juste par passion. Il a été musicien pour Lio sur scène, pour Marie-France, il bossait avec Benjamin Schoos (Miam Monster Miam) avec les Loved Drones au sein de Freaksville Records… L’important, c’était juste de faire de la musique.»

Marc Morgan était un mélodiste doué. Ses tubes – Le jour J avec Les Tricheurs, Notre mystère nos retrouvailles, Un ami qui vous veut du bien, Au train où vont les choses portent tous sa marque de fabrique: celle d’une pop française limpide, avec des guitares fort en avant, à l’aune de celle des Innocents, avec qui il tournera dans les années 90.

«C’était un vrai artiste, sans calcul, sans rien… Et multidisciplinaire. Il dessinait, faisait des collages, il peignait super-bien… Il était doué pour tout. J’ai perdu un ami, un frère. Je suis enfant unique et si j’avais dû avoir un frère… C’est quelqu’un qui m’a ouvert les yeux et les oreilles sur des tas de trucs. Je lui dois énormément.»

 

Un parcours entièrement tourné vers la musique

Né à Huy le 30 avril 1962, Marc Morgan avait été formé à l’École Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège. Graphiste de formation, musicien de passion, il enseignait à l’École de Recherche Graphique (ERG) de Bruxelles mais aussi comme professeur invité à l’institut professeur invité à Albert Jacquard à Namur, tout en travaillant pour le label Freaksville Records, fondé par Benjamin Schoos (ex-Miam Monster Miam) et en animant son podcast musical pour Radio Rectangle.

«Dès quinze ans, Marc avait lancé son premier groupe Objectif Lune avec son frère Étienne», indique le label dans un communiqué. C’est avec Les Révérends du Prince Albert et surtout Les Tricheurs (l’album Tendez Vos Lèvres en 1989 et un tube, Le Jour J) que Marc se fait connaître du grand public. Après Les Tricheurs, il sortira plusieurs albums solos (Un Cygne Sur L’Orénoque avec notamment Notre Mystères Nos Retrouvailles) sur le label Fnac Music dont le directeur artistique est Yves Bigot. Mais FNAC Music fait faillite et Marc suit Bigot chez Mercury. Il passe même à Taratata! La suite sera moins rose. Bigot est remercié par Pascal Nègre le big boss d’Universal. Tout s’écroule. Il poursuivra sa route musicale en Belgique, «en offrant son sourire, son enthousiasme, ses qualités de guitariste et d’auteur/compositeur au groupe La Variété de son ami Rudy Léonet et à pléthore d’artistes de l’écurie Freaksville Records, poursuit le communiqué. Auteur, compositeur, musicien et producteur autodidacte, guitariste doué, orfèvre de la pop, passionné de musique et d’art contemporain, Marc Wathieu ne laisse que de bons souvenirs à tous ceux qui l’ont connu et côtoyé.»

Marc laisse derrière lui sa compagne Charlotte, sa fille Juliette (à qui il a communiqué sa passion et qui chante sous le nom de Mademoiselle Nineteen) et son fils Maxime.