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L’industrie française livre à temps 92 Griffon, les premiers attendus en Belgique en 2025

L’industrie française livre à temps 92 Griffon, les premiers attendus en Belgique en 2025

Image d’illustration. BELGA/AFP

Les industriels français du Groupement momentané d’Entreprises (GME) Scorpion, les entreprises Arquus, Nexter et Thales, ont annoncé mardi la livraison - in extremis - du 92e véhicule blindé multi-rôle de type Griffon, un engin destiné à rééquiper les unités terrestres des armées française et belge.

Ce consortium «a reçu le 24 décembre 2019 le procès-verbal de constatation du 92e VBMR-Griffon de la part du service qualité de la Direction générale de l’Armement (DGA/SQ)», dépendant du ministère français de la Défense, a-t-il indiqué dans un communiqué.

L’équipe du GME atteint ainsi son objectif de livraisons pour l’année 2019, conformément à la commande initiale d’avril 2017 et à la loi de programmation militaire 2019-2025.

La ministre française des Armées, Florence Parly, avait déjà indiqué lundi que l’armée de Terre avait bouclé in extremis la réception de 92 Griffon, mettant un terme à des craintes de retard de livraison.

«Les 92 véhicules blindés Griffon seront bien livrés en 2019 à l’armée de Terre. Comme prévu», a twitté la ministre. «Merci à ceux - notamment la DGA - qui ont permis de tenir ce calendrier.»

Ces blindés à six roues (24,5 tonnes) de nouvelle génération, qui doivent remplacer les véhicules de l’avant blindé (VAB) vieillissants, ont été développés par les industriels français Nexter, Arquus et Thales, dans le programme Scorpion de renouvellement des capacités de combat terrestre - connu en Belgique par son abréviation CaMo (Capacité motorisée).

Améliorer la protection des soldats

Le Griffon, dont 1.872 exemplaires doivent être livrés à l’armée de Terre d’ici à 2030, améliorera notamment la protection des soldats engagés au combat avec un blindage plus performant contre les tirs, les mines et les engins explosifs improvisés (IED), une mitrailleuse télé-opérée et des capteurs de dernière génération.

La livraison des premiers blindés prévue fin 2018 avait accusé un certain retard - elle avait eu lieu début juillet - pour des questions de «mise au point» technique, a précisé le cabinet de la ministre. Retard qui soulevait quelques doutes sur le respect du calendrier.

«L’enjeu de cette fin de d’année était la montée en puissance de la production industrielle», a encore indiqué le cabinet, évoquant un «mécanisme de surveillance» mis en place par la DGA pour assurer le respect des échéances. «C’est un effort important qui a payé», a-t-on insisté de même source.

Nexter, maître d’oeuvre du programme, s’appuie sur deux partenaires français stratégiques, Arquus et Thales, ainsi que sur des industriels belges dont FN Herstal et CMI, avec lesquels ont été conclus des accords de coopération.

D’autres blindés prévus

Parmi les autres blindés du programme Scorpion figurent les engins de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar et les véhicules blindés multi-rôles légers (VBMR léger) Serval, dont les premiers exemplaires seront respectivement livrés à l’armée de Terre en 2020 et 2022.

La Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 prévoit que 50% des nouveaux blindés du programme Scorpion soient livrés d’ici à 2025 pour remplacer les matériels plus anciens. Fin 2025, l’armée de Terre devrait disposer de 936 Griffon.

L’accord intergouvernemental signé en octobre 2018 par Paris et Bruxelles prévoit la livraison à partir de 2025 à la composante Terre de 382 Griffon et de 60 EBRC de type Jaguar pour remplacer notamment les «Armoured Infantry Vehicles» (AIV) de type Piranha III et les blindés légers MPPV («Multipurpose Protected Vehicles») de type Dingo II. Mais aussi des unités d’appui, comme le génie de combat, selon un connaisseur du dossier.

Le montant du contrat s’élève à 1,6 milliard d’euros et inclut l’entrainement, la formation et l’entretien, selon la Défense.