JUDICIAIRE

Fabien Neretse condamné à 25 ans de prison pour crime de génocide au Rwanda

Fabien Neretse condamné à 25 ans de prison pour crime de génocide au Rwanda

Fabien Neretse et son avocat. Photo News

La cour d’assises de Bruxelles a prononcé, vendredi vers 17h20, une peine de 25 ans de prison à l’encontre de Fabien Neretse.

L’ancien haut fonctionnaire rwandais âgé de 71 ans a été reconnu coupable jeudi soir de plusieurs meurtres et tentatives de meurtre, qualifiés de crimes de guerre, commis durant le génocide au Rwanda en 1994. Il a également été reconnu coupable de crime de génocide pour avoir été animé d’une intention d’exterminer l’ethnie tutsie en commettant ces meurtres.

Le jury et les trois juges de la cour, après avoir délibéré durant six heures, ont retenu une seule circonstance atténuante dans le chef de Fabien Neretse, son âge. Ils ont prononcé une peine de 25 ans de prison.

Fabien Neretse a été reconnu coupable, jeudi soir, des principaux faits pour lesquels il était poursuivi, à savoir un crime de génocide, dont il était le premier à devoir répondre devant une juridiction belge, et plusieurs crimes de guerre.

Ce Rwandais de 71 ans résidant en France est coupable d’avoir dénoncé plusieurs personnes d’origine tutsie dans son voisinage du quartier Nyamirambo, dans la capitale rwandaise, le 9 avril 1994. Elles avaient ensuite été abattues par des militaires alors qu’elles s’apprêtaient à fuir leur maison pour rejoindre un camp de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (Minuar). Parmi les victimes figuraient des membres de la famille Sisi, des membres de la famille Gakwaya ainsi qu’une Belge, Claire Beckers, son mari, Isaïe Bucyana, et leur fille Katia.

Fabien Neretse est aussi coupable d’avoir commandité des meurtres, dont ceux de Joseph Mpendwanzi et d’Anastase Nzamwita, en mai et juin 1994, du côté de Mataba, son village natal au Nord-Ouest du Rwanda, où il s’était installé dès la mi-avril 1994. Le jury a établi que Fabien Neretse y avait créé, entretenu et financé une milice d’Interahamwe, qui a ensuite commis de nombreux meurtres de Tutsis et de Hutus modérés.