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L’immobilier a le vent en poupe

L’immobilier a le vent en poupe

Le prix d’une maison wallonne est d’environ 24,3% moins élevé que la moyenne belge. ÉdA – 4083675834

Le baromètre des notaires, une des références en matière immobilière, montre que le nombre de transactions atteint des sommets.

L’immobilier, valeur refuge des Belges? Le troisième trimestre 2019 est le meilleur troisième trimestre en termes de nombre de transactions immobilières depuis le début, en 2007, du baromètre des notaires. Les chiffres sont encore plus éloquents en comparaison avec le troisième trimestre 2018. Le nombre de transactions a augmenté de 4,3% en Belgique. Cette hausse se marque dans les trois régions mais avec une intensité différente: + 5,4% en Flandre, +7,6% à Bruxelles et +1,7% en Wallonie. Le nombre de transactions immobilières a même augmenté de 6,6% en comparant les chiffres des neuf premiers mois de 2019 à ceux de 2018. La hausse de l’activité immobilière est encore plus marquée en Brabant wallon, avec 13,8%.

Une hausse mesurée

Le notaire Renaud Grégoire analyse ces chiffres par rapport aux perspectives macroéconomiques. «Certains ont récemment évoqué la forte augmentation des prix de l’immobilier, y voyant une probable bulle spéculative. Cette question est évidemment très complexe. Il est essentiel de distinguer la très forte activité du marché immobilier que nous connaissons depuis plusieurs mois avec le niveau des prix pratiqués. Autant l’augmentation de l’activité est importante et constante dans tous les secteurs, autant les prix augmentent de façon beaucoup plus mesurée et de façon différente en fonction des segments.»

Moins de 200 000 euros

Le Hainaut et la province de Liège restent les deux seules provinces belges où le prix moyen d’une maison est inférieur à 200 000 euros. Ce sont toutefois les plus importantes en Wallonie en termes de nombre de transactions. Il est à noter que le prix moyen de 157 969 euros pour une maison en Hainaut est inférieur de 39,2% par rapport à la moyenne nationale qui est de 259 725 euros.

Le prix moyen des maisons dans les provinces de Namur et de Luxembourg dépasse pour la première fois de 200 000 euros. En moyenne, une maison wallonne est 24,3% moins chère que le prix moyen en Belgique.

En comparant les neuf premiers mois de 2019 et l’ensemble de l’année 2014, le prix moyen d’une maison en Belgique a augmenté en cinq ans de 14,5%, soit 33 000 euros. En tenant compte de l’inflation sur la même période, c’est-à-dire 8,3%, la hausse réelle du prix des maisons est donc de 6,2%.

Comparé à l’année 2018, Bruxelles affiche la hausse la plus importante du prix moyen: 4,5%. La Wallonie se trouve en deuxième position avec une hausse de 3,9%, et la Flandre connaît l’augmentation la plus faible avec 2,8%. Avec un prix moyen de 196 713 euros, la Wallonie possède le prix moyen le plus bas des trois Régions.

Les appartements, toujours plus chers à Bruxelles

Pour la première fois, le prix moyen d’un appartement à Bruxelles dépasse la barre des 250 000 euros: 253 503 euros. Par rapport à l’an passé, cela représente une augmentation de 5,5%, ce qui est la plus forte hausse des différentes Régions. Du côté wallon, le prix moyen n’a augmenté que de 1,1% par rapport à 2018.

D’après les premières tendances relevées pour le quatrième trimestre de 2019, l’activité immobilière aura maintenu son rythme de croisière. D’une part parce que les taux d’intérêt des prêts hypothécaires restent historiquement bas, d’autre part en raison de la demande de la Banque nationale de durcir les conditions d’octroi d’un prêt. Il reste à déterminer quelles seront les tendances pour 2020.

Le mot de l’expert

Renaud GRÉGOIRE, Fédération du notariat

«L’augmentation constante de l’activité en 2019 est essentiellement due à des éléments extérieurs connus: faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires, rendement faible et incertain des placements alternatifs… Ceci nous amène à penser que cette forte activité n’est pas liée à une éventuelle bulle spéculative, même si celle-ci n’est pas à exclure, mais bien à une forte activité. Les prix évoluent différemment dans la mesure où la demande est quelque peu différente entre les deux Régions. En effet, en Wallonie, le cadre de vie, l’espace, la possibilité d’avoir un jardin… sont des éléments qui vont intervenir plus systématiquement. À Bruxelles, la possibilité d’acquérir une maison, qui plus est avec un jardin, représente, pour le plus grand nombre, une mission impossible. Les candidats acquéreurs se tournent donc naturellement vers les appartements, donc les prix augmentent plus à Bruxelles.»