BASTOGNE

VIDÉOS | 75 ans de la bataille des Ardennes: le roi salue le rôle des USA dans la démocratie européenne

Le roi Philippe a salué lundi le rôle des Etats-Unis dans le rétablissement de la liberté et de la démocratie en Europe à l’occasion du 75e anniversaire du début de la bataille des Ardennes à Bastogne.

Le roi s’est exprimé devant un parterre de dirigeants étrangers et une bonne demi-douzaine de vétérans américains revenus sur les lieux de sanglants combats de décembre 1944 à janvier 1945.

«L’Amérique de 1944 s’est engagée de toutes ses forces pour défendre la liberté et la démocratie. Elle a continué à le faire pendant la Guerre froide. Nous avons ensemble fondé l’Otan il y a septante ans et nous sommes venus à bout d’une autre idéologie totalitaire il y a trente ans. Après le Mur de l’Atlantique, c’était au tour du Rideau de Fer de s’effondrer face à la détermination du monde libre et des populations résilientes et tenaces d’Europe centrale et orientale», a affirmé le souverain lors d’un discours prononcé en anglais au centre-même de l’étoile à cinq branches qui compose le mémorial du Mardasson.

«Depuis lors, nous avons construit pas à pas une nouvelle Europe fondée sur la réconciliation et la volonté ferme d’enterrer des rivalités séculaires. Pendant toutes ces années, les Etats-Unis étaient comme ‘une cité qui brille au loin sur la colline’, debout aux côtés de l’Europe, voulant soutenir et entraîner dans ce sillage d’autres pays partageant les valeurs», a ajouté le Roi devant ses hôtes, représentant les huit pays impliqués dans les combats de l’hiver 1944-1945.

Le grand-duc Henri de Luxembourg, son Premier ministre Xavier Bettel côtoyaient les présidents polonais et allemand Andrzej Duda et Frank-Walter Steinmeier, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, lors de cette courte cérémonie dans une ambiance hivernale et brumeuse qui a empêché le survol d’avions de combat alliés.

«Aujourd’hui ce combat n’est pas terminé», a prévenu le roi Philippe. «Les démocraties sont par définition plus exposées et plus fragiles que les régimes restrictifs des libertés. Nous devons être d’autant plus vigilants que les propos trompeurs et les discours de haine se disséminent aujourd’hui plus facilement et plus rapidement. Les inégalités sociales et les difficultés économiques créent par ailleurs un terreau propice à de nouvelles dérives. Sauf si, comme en 1944, au cœur de l’hiver et face à l’agressivité de l’ennemi, nous nous levons pour leur barrer la route», a-t-il ajouté.

«Le combat pour la liberté trouve son prolongement dans la vigilance constante pour le bon usage de la liberté. Il condamne le dénigrement, la polarisation et l’exclusion. Il cherche au contraire à rassembler et à réconcilier», a souligné le chef de l’Etat.

«Devant ce monument dédié aux artisans de la liberté et de la paix, devant vous, les vétérans, prenons l’engagement solennel de poursuivre le combat. Mettons-nous toujours plus résolument et en toute circonstance au service de la vérité, de la tempérance et de la justice», a-t-il conclu.

Le Roi avait également rappelé la devise gravée dans la pierre: «Le peuple belge se souvient de ses libérateurs américains». «Cette phrase (....) l’est aussi dans nos cœurs. Notre reconnaissance s’étend à tous les soldats des pays alliés dont je salue la présence de nombreux représentants», avait-il dit.

Les souverains belges et leurs hôtes se sont ensuite rendus au Luxembourg, où un deuxième rendez-vous est fixé à 15h30, au cimetière militaire de Hamm où repose la général américain George S. Patton avec quelque 5.000 soldats américains.