NAMUR

Planter, ça rend du charme à la ville: ils verdissent Namur à l'arrache

Planter, ça rend du charme à la ville: ils verdissent Namur à l'arrache

À coups de houe et de bêche, les planteurs ont embelli ce talus. ÉdA – Florent Marot

Des mains vertes «désobéissantes» ont planté une bonne centaine d’arbres pour redonner vie et charme à un talus abandonné, à l’entrée de Namur.

«As-tu du charme?» La question n’est pas posée sur la piste de danse, mais au bon milieu d’un talus colonisé, dès le lever du soleil ce dimanche, par quelques dizaines de «planteurs fous».»

«Ce terrain est propriété de la Région wallonne. Il est à l’entrée de Namur mais pourtant, on n’y prête aucune attention», débute Marcel Guillaume, à la coordination de cette opération végétale. «On a donc décidé de prendre les choses en main et d’y planter une bonne centaine d’arbustes et d’arbres. Du charme, du sureau, des noisetiers… Toutes des essences locales et résistantes.»

Parmi ces pépiniéristes du dimanche, on retrouve des convaincus qui ont déjà pris part à tous les combats pour la sauvegarde des arbres du square Léopold. Mais pas que…

«On est vraiment dans une opération positive», s’enthousiasme ce Namurois, entre deux coups de houe dans un sol difficile. Le terrain n’est pas facile: c’est du remblais.

«Ce sera un bénéfice pour tout le monde», intervient Vincent, concepteur du plan de la… plantation. «Il y a quelques années, tous ces boulevards étaient bordés d’arbres. Beaucoup ont été coupés, notamment pour le chantier du nouveau bâtiment des Archives de l’État.»

La brigade verte est bien organisée. On ne plante pas tout n’importe comment. «Plus bas, ce seront les arbustes et une végétation qui pourrait monter à deux ou deux mètres et demi», détaille Vincent. Les arbres sont plantés sur le dessous et joueront aussi les écrans de verdure pour le bruit et le visuel, le long de la ligne de chemin de fer.

Une motivée intervient. «Cela embellit l’une des entrées principales de la ville. Et puis, on sait déjà que cela permettra le retour de certains insectes et oiseaux. Même en ville, ça ne tarde pas. Vous savez, même derrière la gare, on peut voir voler des rapaces.» La nature s’adapte très vite à la ville. Si on lui en donne l’occasion.

«C’est clair, on est en situation de désobéissance. Nous ne sommes pas propriétaires du terrain. Mais comme particuliers, on ne risque rien», veut rassurer Marcel Guillaume. Les troupes n’ont pas trop l’air de se soucier de conséquences négatives éventuelles. «On pourrait nous redemander de remettre tout en état. Ou nous réclamer une somme pour financer cela. Mais ce serait assez maladroit de la part de l’autorité.»

Cette action dominicale ne devrait pas être un «one shot». «Oui, on aimerait effectuer d’autres opérations de plantations dans la ville. Mais il faut aussi choisir ses endroits. Cela ne sert à rien d’aller planter des arbres sur le terrain où un chantier immobilier va démarrer dans six mois.»

L’engouement populaire de ce dimanche matin donne l’envie aux organisateurs d’enraciner ce genre d’interventions spontanées dans le quotidien des Namurois. Tout cela ne manque pas de charme et doit faire très plaisir à Idéfix.