BRUXELLES

Des Pères et Mères Noël en colère occupent un bâtiment vide de la place De Brouckère: «Le proprio fait 7,7 milliards de bénéfices»

Des Pères et Mères Noël en colère occupent un bâtiment vide de la place De Brouckère: «Le proprio fait 7,7 milliards de bénéfices»

Le bâtiment occupé par ces Pères et Mères Noël en colère appartient au groupe assureur Allianz, qui selon les activistes «réalise 7,7 milliards de bénéfices». CEPEMENE

Des Pères et Mères Noël «en colère» occupent depuis ce samedi 14 décembre un immeuble vide de la place De Brouckère, en plein centre de Bruxelles. Les activistes militent ainsi pour les occupations citoyenne comme réponse au mal-logement et aux inégalités.

Des militants et activistes, réunis sous le sobriquet ironique de CEPEMENEC, soit le Collectif Éphémère des Pères e Mères Noël en Colère, occupe depuis ce samedi 14 décembre un bâtiment vide de la place De Brouckère, à Bruxelles. L’endroit est inoccupé «depuis plusieurs années». Ce que ce groupe d’action définit comme une «réquisition collective» veut donc attirer l’attention des politiques et du public vers les logements vides qui pullulent à Bruxelles et partout ailleurs en Belgique et en Europe.

«En Europe, 11 millions de logements vides contre 4,6 millions de personnes sans-abri: la précarité et l’inégalité ne sont pas des erreurs du système, elles en sont les fondements», martèle le collectif dans un communiqué, message également placardé sur l’immeuble que les patineurs de Plaisirs d’Hiver peuvent désormais lire à De Brouckère, sur les banderoles déployées sur la façade de l’immeuble. Au pied du bâtiment, face au marché de Noël, les pères et mères Noël en colère ont en outre distribué des repas gratuits.

«Ruine de la planète»

Selon les activistes, «le bâtiment appartient au groupe allemand Allianz, numéro 1 mondial de l’Assurance – Propriété/Accident. Cette société a réalisé en 2018 plus de 130 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 7,7 milliards de bénéfices» énumère le communiqué.

Ce qui pousse ces hommes et femmes en rouge à ne pas faire de cadeau: «Nous ressentons la nécessité de sensibiliser et de communiquer autour des problématiques de mal-logement et des inégalités», expliquent les activistes. «C’est une manière pour nous de réaffirmer la pertinence politique des occupations. Nous revendiquons l’organisation collective et la désobéissance face à des politiques de plus en plus atomisantes, des dynamiques privées et discriminantes qui ne font que ruiner la planète et creuser les inégalités en renforçant les rapports de domination».

Le mouvement de ce 14 décembre vise aussi la nouvelle loi anti-squat. «Cette loi criminalise l’occupation des bâtiments vides. Elle représente en cela une atteinte majeure au droit au logement».

Suite à cette journée «de partage et d’échange», le CEPEMENEC demande à pouvoir occuper «gratuitement» les lieux, «le temps de leur inoccupation».