BRUXELLES

Environ 250 «Sardines» rassemblées à Bruxelles pour dénoncer le populisme en Italie

Environ 250 personnes se sont rassemblées samedi après-midi place de l’Albertine, au pied du Mont des Arts à Bruxelles, pour protester contre «la dérive populiste de la politique italienne et la propagation des idées souverainistes et racistes au niveau européen».

La manifestation avait lieu un mois jour pour jour après la naissance du mouvement spontané des «Sardines», à Bologne (nord de l’Italie).

«Notre message est universel. Nous sommes solidaires, nous voulons aider notre prochain, nous sommes humains et l’humanité ne se marchande pas. Nous sommes inclusifs, nous croyons à l’intégration par la culture, nous sommes pacifistes, non-violents et féministes, car une société juste n’est pas possible sans égalité des sexes», ont résumé les manifestants.

En outre, «nous sommes anti-fascistes», ont-ils martelé. «Nous apportons un message d’espoir, nous croyons à la vraie politique et nous voulons la soutenir. Nous ne voulons plus du discours des dernières années, nous voulons un message solidaire, altruiste et nous espérons être pris au sérieux.»

Le mouvement, qui défie Matteo Salvini, est né le 14 novembre dernier sur la place centrale de Bologne, en marge d’une prise de parole de l’ex-ministre de l’Intérieur. Un flash mob avait rassemblé quelque 12 000 personnes, surpassant ainsi largement le nombre de militants participant au meeting de Salvini au PalaDozza, dont la capacité est de 5 700 places.

Le nom de Sardines a dès lors été choisi par analogie à ces petits poissons serrés les uns contre les autres dans des boîtes de conserve.

Grande manifestation antifasciste des «sardines» à Rome

Des dizaines de milliers de personnes, les fameuses «sardines» antifascistes, ont envahi samedi une des plus grandes places de Rome, devant la basilique Saint-Jean de Latran, pour manifester contre l’extrême droite et les idées de cette mouvance.

«Ces sardines sont certainement dans le camp de la gauche. Tout le monde n’a pas envie d’insulter, de propager la haine. Je suis venu pour témoigner, autrement j’aurais honte d’être Italien», explique Roberto Piperno, un retraité. «Ils n’ont pas un discours politique très articulé et c’est bien comme ça, les discours politiques trop articulés divisent les gens», ajoute-t-il.

Samedi à Rome, la foule a chanté de nouveau avec un bel entrain aussi bien Bella Ciao, le plus célèbre chant des partisans italiens antifascistes, que l’hymne national en écoutant la lecture de morceaux choisis de la Constitution.

«Nous courons un risque, croire que les sardines soient la solution à tous les maux. Mais les sardines n’existent pas, ce sont des personnes qui remplissent les places avec leurs idées et voient un ennemi, la pensée unique simplifiée du populisme», a déclaré à la foule Mattia Santori, l’un des fondateurs de ce mouvement.

L’idée est de «faire émerger une nouvelle énergie à travers une forme bien plus libre et spontanée» qu’un parti, en se dotant d’une organisation «qui ne sera pas hiérarchique» mais fixera de «grandes orientations», avait souligné la veille Mattia Santori, 32 ans, chercheur en économie et coach sportif bénévole dans des associations.