POLITIQUE

«Fins de mois difficiles» à la Région bruxelloise? L’opposition adresse une lettre au Père Noël

«Fins de mois difficiles» à la Région bruxelloise? L’opposition adresse une lettre au Père Noël

(Illustration) BELGA

Dette qui double, recettes surestimées, austérité fiscale: selon MR et PTB, opposition au Parlement bruxellois, le Gouvernement peine à tenir les rênes de son budget.

Un gouvernement bruxellois qui peine à tenir les rênes de la gestion d’une dette amenée à doubler d’ici 2024, et qui surestime ses recettes; un exécutif qui soumet la population bruxelloise à un régime d’austérité dont les plus pauvres seront les premiers à souffrir: du MR au PTB, l’opposition au parlement bruxellois a formulé jeudi des critiques parfois contraires, à l’égard du budget proposé par le gouvernement bruxellois pour 2020.

Sous la forme d’une lettre adressée au Père Noël, la cheffe du groupe MR, Alexia Bertrand, a indiqué, en séance plénière, comme elle l’avait fait en commission, que la «famille Vervoort III a bien du mal à boucler ses fins de mois malgré ses nombreux recours à l’emprunt». D’après elle, les projections pluriannuelles font apparaître que la dette régionale doublera d’ici 2024 pour atteindre 6,7 milliards d’euros. Les recettes sont une fois de plus surestimées pour boucher les trous.

«Pourtant, les promesses du printemps étaient même dignes du meilleur conte de Noël: abonnements de transport gratuits pour les moins de 25 ans; une région zéro carbone en 2050; la création de nouveaux logements pour accueillir 40.000 familles en attente; des zones où le chômage n’existe plus.... Les promesses ont fondu comme neige au soleil et les mesures nouvelles ont été aspirées par les trous budgétaires», a-t-elle dit.

Retirer les lunettes virtuelles

Dans le même registre, Cieltje Van Acter (N-VA) a invité le gouvernement à retirer les lunettes virtuelles avec lesquelles il a évoqué ces promesses, mais aussi annoncé un équilibre budgétaire, pour affronter la réalité. Pour 2020, on a maintenu un demi-milliard d’euros d’investissements «virtuellement stratégiques» (ndlr: ceux destinés au métro, aux tunnels et à la sécurité).

Pour Françoise Desmet (PTB), c’est au contraire un budget d’austérité, même teinté de progressisme, car il est coulé dans le marbre des traités européens que tous les partis ont voté en 2013.

«Nous avons besoin d’investissements: pour le logement, pour le climat, pour de l’emploi de qualité, pour revaloriser les salaires des agents de la fonction publique, du personnel de nos hôpitaux , pour des écoles, des maisons médicales dans tous les quartiers, pour rénover des égouts, .... avoir des homes publics payables par les familles, des trams, bus, métro financés par les pouvoirs publics», a-t-elle soutenu.

Trou de 11 milliards d’euros

Dans la majorité, Ridouane Chahid (PS) a invité les représentants du MR à user de tout leur poids auprès du président du Conseil européen (ndlr: l’ex-Premier ministre libéral Charles Michel ) pour faire évoluer le cadre budgétaire européen. Il a également souligné que la Cour des Comptes, avait qualifié de «non-fiables» et assortis «d’erreurs grossières», les comptes belges gérés par le gouvernement fédéral.

Dans les rangs écologistes, John Pitseys (Ecolo), et Arnaud Verstraete (Groen), n’ont pas été avares en répliques du même tonneau. Ce dernier a notamment évoqué le trou de 11 milliards d’euros qu’a laissé derrière lui le gouvernement fédéral MR-N-VA, non sans avoir fait des économies, plusieurs années durant, sur les transports en commun par une réduction de la desserte des gares bruxelloises, ni sans avoir contribué aux bouchons et à la pollution de l’air.