BASTOGNE

Quatre chefs d’État, des Premiers ministres et le secrétaire US pour les 75 ans de la bataille des Ardennes

Quatre chefs d’État, des Premiers ministres et le secrétaire US pour les 75 ans de la bataille des Ardennes

Une mise en scène de la bataille des Ardennes. EdA

Plusieurs chefs d’État et représentants de gouvernement participeront lundi à la cérémonie célébrant le 75e anniversaire de la bataille des Ardennes, à Bastogne.

Les souverains belges, la Première ministre Sophie Wilmès, le grand-duc Henri de Luxembourg, son Premier ministre Xavier Bettel, les présidents polonais et allemand Andrzej Duda et Frank-Walter Steinmeier ainsi que le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, participeront lundi prochain à Bastogne à la cérémonie commémorant le 75e anniversaire de la bataille des Ardennes, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Cette cérémonie se déroulera de 10h45 à 11h45 au monument du Mardasson de Bastogne. Elle sera placée sous le signe de la gratitude envers les vétérans et de la mémoire des victimes et des personnes disparues, a précisé le cabinet de Mme Wilmès dans un communiqué.

Quinze vétérans américains qui ont pris part à la bataille de décembre 1944-janvier 1945 et deux citoyens belges qui en ont été témoins seront honorés. Ils représentent les nombreux soldats et civils victimes de la guerre.

Cette cérémonie organisée à l’initiative du gouvernement belge réunira les chefs d’État et de gouvernement ainsi que des représentants des huit pays touchés ainsi que le président du Conseil européen — et ancien Premier ministre belge — Charles Michel «afin de souligner l’importance d’une commémoration collective et de la paix durable entre les différentes nations».

Les pays présents seront l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, le Grand-Duché du Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne et le Royaume-Uni.

La Maison Blanche a pour sa part indiqué que la délégation présidentielle américaine serait dirigée par le secrétaire à la Défense, Mark Esper. Elle comprendra aussi le chef d’état-major interarmes des forces américaines, le général Mark Milley, et les ambassadeurs des Etats-Unis en Belgique, au Luxembourg et auprès de l’Otan, Ronald Gidwitz, Randolph Evans et Kay Bailey Hutchison.

La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, devrait pour sa part diriger une délégation du Congrès américain.

Au programme de la cérémonie

La cérémonie sera jalonnée de discours, de témoignages et par le dépôt de fleurs. Sont également prévus un Last Post, une minute de silence et un moment symbolique et artistique.

Un défilé aérien figure au programme — mais sera tributaire des conditions météorologiques — et devrait rassembler dix-huit chasseurs-bombardiers: quatre F-15 de l’US Air Force en «missing man formation» (formation du disparu, un avion quittant la formation en hommage aux victimes de la bataille), quatre F-16 belges et deux néerlandais, deux Typhoon de la Royal Air Force (RAF) britannique, deux CF-18 de la Royal Canadian Air Force, deux Rafale de l’armée de l’Air française et deux Eurofighter de la Luftwaffe allemande. Deux avions historiques effectueront un survol avant le début de la cérémonie.

L’armée américaine a pour sa part annoncé la présence durant le week-end, de vendredi à lundi, de militaires d’active et de leur matériel — dont des chars d’assaut M1 Abrams et des véhicules de combat M2 Bradley.

Cette participation comprendra du personnel de la prestigieuse 101e division aéroportée (»101st Airborne Division») basée à Fort Campbell, dans le Kentucky. Cette unité, dont l’insigne représente un «Screaming Eagle» (aigle hurlant), a participé à la défense de Bastogne. C’est son commandant par intérim, le général de brigade Anthony McAuliffe, qui a lancé le célèbre «nuts» (»des nèfles», c’est à dire hors de question) aux Allemands qui le sommaient le 22 décembre 1944 de se rendre alors qu’ils encerclaient la ville.

«La bataille du Saillant»

Cet épisode de la Seconde Guerre mondiale est connu Outre-Atlantique comme «the Battle of the Bulge» (la bataille du Saillant) et a fait dans les rangs américains quelque 75.000 morts, blessés ou disparus. Elle est considérée comme la plus importante et la plus meurtrière de toutes les batailles impliquant les forces américaines pendant ce conflit.

La résistance des troupes américaines a permis d’arrêter la dernière offensive de l’Allemagne nazie sur le front ouest-européen avant la fin de la guerre, menée à partir du 16 décembre 1944 par le maréchal Gerd von Rundstedt.

Selon l’US Army, plusieurs événements seront organisés avec la participation de vétérans et de militaires américains d’active, aux côtés du ministère belge de la Défense et du War Heritage Institute (WHI).