POLITIQUE

Gouvernement fédéral: «Septante-six sièges sur 150, ce n’est pas suffisant»

Gouvernement fédéral: «Septante-six sièges sur 150, ce n’est pas suffisant»

Septante-six sièges sur 150 à la Chambre, ce n’est pas suffisant, selon Sophie Wilmès. Photo News

Selon la Première ministre Sophie Wilmès, les textes distribués par l’informateur Paul Magnette «ont évolué» au fil des versions successives, mais «pas suffisamment».

La Première ministre Sophie Wilmès, qui est également négociatrice du MR pour la formation d’un gouvernement fédéral, a fait état lundi de «progrès» dans le travail effectué par l’informateur royal, Paul Magnette, qui doit remettre dans l’après-midi son troisième rapport au roi Philippe.

«On a progressé entre les notes» successives déposées par Magnette – qui est aussi président du PS -, a-t-elle affirmé sur la radio Bel-RTL, dont elle était l’invitée matinale.

Selon Sophie Wilmès, les textes distribués par l’informateur «ont évolué» au fil des versions successives, mais «pas suffisamment». «Ils sont encore trop à gauche», a-t-elle souligné, en affirmant que la réponse du MR à ce stade est «non» à une entrée dans une coalition gouvernementale.

La Première ministre a précisé qu’une coalition fédérale arc-en-ciel (unissant les familles libérale, socialiste et écologiste) serait trop étriquée. «Septante-six (sièges) sur 150 (que compte la Chambre), ce n’est pas suffisant», a-t-elle dit.

Sophie Wilmès a dès lors jugé qu’il était trop tôt pour passer à la phase de formation d’un gouvernement, la situation n’étant «pas mûre».

Elle s’est toutefois refusée à préjuger de la décision que prendra le roi à l’issue de l’entretien prévu à 15h30 avec l’informateur.

Le CD&V refuse d’être en première ligne et pousse la N-VA

Le tout nouveau président du CD&V, Joachim Coens, a indiqué lundi que son parti n’était pas prêt à s’impliquer en première ligne dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral en succédant à l’informateur royal, le président du PS, Paul Magnette, tout en suggérant de mettre la balle dans le camp de la N-VA.

M. Magnette doit remettre lundi après-midi son troisième – et peut-être dernier – rapport au roi Philippe depuis sa nomination en tant qu’informateur.

«C’est naturellement au Roi d’évaluer son rapport», a affirmé M. Coens lors de l’émission De Ochtend de la VRT-radio.

Il est, selon lui, clair que Magnette a depuis sa désignation le 5 novembre, opté en faveur d’une coalition arc-en-ciel rassemblant les familles libérale, socialiste et écologiste, complétées autant que possible par le CD&V, le cdH et/ou DéFI pour obtenir une majorité stable.

La question de savoir «si un (responsable) CD&V doit être envoyé sur le terrain n’est pas à l’ordre du jour», a déclaré M. Coens.

«La question est (de savoir) si le train des six (partis d’un arc-en-ciel) partira ou non. S’ils ont ensemble une majorité, c’est à eux de juger si elle est suffisante», a ajouté le président des sociaux-chrétiens flamands.

Une coalition réunissant le PS, le sp.a, le MR, l’Open Vld, Écolo et Groen disposerait d’une majorité de 76 sièges sur les 150 que compte la Chambre – soit un siège de plus que la majorité simple.

«Après le PS de Magnette, ce pourrait bien être le tour du plus grand parti flamand», la N-VA, a suggéré M. Coens.

Il a aussi insisté sur la nécessité d’une «bonne coordination» au sein des gouvernements flamand (qui compte la N-VA dans ses rangs) et fédéral.