BELGIQUE

La politique climatique de la Belgique en «examen oral» devant la COP25

La politique climatique de la Belgique en «examen oral» devant la COP25

Reporters/Photoshot

La Belgique a été invitée à faire le point sur sa politique en matière de lutte contre les changements climatiques, à l’occasion de la conférence des Nations unies sur le climat (COP25).

Cette sorte d’«examen oral» est le troisième du genre après des exercices similaires en juin 2015 à Bonn (Allemagne) et en novembre 2016, à Marrakech (COP22).

L’exercice d’évaluation multilatérale, ou «multilateral assessment» dans le jargon onusien, voit les pays développés faire, périodiquement, un état des lieux de leurs efforts climatiques. L’exercice est notamment censé augmenter la confiance entre pays développés et en développement.

Des ambitions climatiques revues à la hausse

Le chef du service fédéral changements climatiques, Peter Wittoeck, a exposé les résultats de la Belgique, qui a vu ses émissions de gaz à effet de serre diminuer de 22% entre 1990 et 2017. Notre pays est parvenu à réaliser un «découplage» des émissions, alors que le PIB belge a crû sur la même période de 59% et la population belge de 14%.

Le haut-fonctionnaire belge a également présenté les objectifs à moyen et long termes de la Belgique et de ses régions, alors que les nouveaux gouvernements wallon et bruxellois ont récemment revu leurs ambitions climatiques à la hausse. La Wallonie vise désormais une réduction de ses émissions de 55% d’ici 2030 et la neutralité carbone d’ici 2050, tout comme la région de Bruxelles-Capitale, qui ambitionne, elle, de faire baisser ses émissions d’au moins 40% d’ici 2030.

Il a enfin été précisé que la Belgique travaillait toujours à la finalisation de la version définitive de son plan national énergie climat 2021-2030 (la Flandre doit encore adopter son volet du plan) et de sa stratégie à long terme (2050).

Des efforts sont encore à fournir

Les efforts belges s’inscrivent bien entendu dans une dimension européenne. L’UE s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport à 1990 mais l’Union, qui entend se profiler comme un leader mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique, devra revoir ses ambitions à la hausse au plus tard d’ici la COP26 prévue fin 2020 à Glasgow.

L’exposé belge a été suivi de questions, exprimées dans un langage très diplomatique, du Japon, de l’Inde, du Brésil, de la Nouvelle-Zélance et de la Suisse. Cette dernière a demandé des précisions sur les arcanes de la politique climatique belge, qui restent un sujet d’étonnement, voire d’incompréhension, en dehors de nos frontières. Quant au Brésil, il s’est enquis de savoir quel rôle allait jouer les biocarburants dans la sortie de la Belgique, à terme, des carburants fossiles. Le géant sud-américain est en effet un grand producteur de biocarburants.

Le gouvernement flamand se retrouve lundi pour discuter d’un plan Énergie et Climat

Le gouvernement flamand se retrouve lundi matin pour tenter une nouvelle fois de s’accorder sur un plan chiffré Énergie et Climat, après une tentative avortée vendredi et à l’approche de la semaine décisive de la conférence climat de l’ONU (COP25) qui se tient à Madrid jusqu’au 13 décembre, a-t-on appris dimanche à bonne source.

La réunion débutera à 09h00, a précisé le cabinet de la ministre flamande de l’Environnement et de l’Énergie, Zuhal Demir (N-VA).

L’équipe du ministre-président Jan Jambon (N-VA) a échoué vendredi à trouver un accord sur un plan chiffré Énergie et Climat, indiquant que des «calculs supplémentaires étaient nécessaires» pour mesurer l’impact chiffré de certaines mesures envisagées.

Le cabinet de Mme Demir s’est refusé dimanche soir à toute précision sur l’état des discussions, qui devaient se poursuivre durant le week-end au niveau des experts.

«Je n’irai pas à Madrid sans plan sur le climat», avait déclaré la ministre vendredi, alors que son départ pour la capitale espagnole était prévu lundi.

Elle avait rappelé que l’ambition du gouvernement flamand était de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 35% d’ici 2030. «Cet objectif est ambitieux, mais le compte doit être juste», avait-elle dit, démentant tout désaccord au sein du gouvernement Jambon.