JUDICIAIRE

Affaire Sudpresse-Nordpresse: le tribunal du commerce incompétent?

Affaire Sudpresse-Nordpresse: le tribunal du commerce incompétent?

Photo d’illustration. beeboys – stock.adobe.com

La division namuroise du tribunal du commerce de Liège pourrait se déclarer incompétente concernant des publications faites par le site Nordpresse au sujet du groupe Sudpresse, a annoncé son président faisant fonction lors d’une audience tenue vendredi à Namur.

En outre, celui-ci devra définir si Vincent Herregat, animateur du site Nordpresse mieux connu sous le pseudonyme de Vincent Flibustier, est oui ou non le gérant de la société estonienne qui édite officiellement Nordpresse depuis 2017.

Les faits remontent à octobre 2019. Nordpresse avait alors partagé sur sa page Facebook un article de Sudpresse présenté comme «ignoble» et «visant à produire un maximum de clics sur les détails sordides du viol d’une enfant de 13 ans». Le site satirique avait aussi appelé ses lecteurs à demander aux annonceurs concernés de cesser leurs investissements publicitaires sur le site de Sudpresse, ce que plusieurs entreprises ont fait. Il est aussi reproché à Vincent Herregat d’avoir lancé cet appel à titre personnel, en précisant qu’il en était à l’initiative au travers de Nordpresse.

«Campagne de dénigrement»

Le groupe Sudpresse a engagé une action en cessation devant la division namuroise du tribunal du commerce de Liège le 31 octobre. Il demande notamment la suppression des publications considérées comme mensongères à son égard, sous peine d’astreintes. Selon lui, la «campagne de dénigrement» menée par Nordpresse n’avait pas de base factuelle et a gravement porté atteinte à ses intérêts.

Vendredi, au-delà du débat de fond qui a porté sur la liberté d’expression, c’est surtout la fonction qu’occupe Vincent Herregat au sein de la société estonienne éditrice de Nordpresse qu’a épinglé le président lors de l’audience. S’il en est bien le fondateur et l’un des actionnaires, aucune pièce présentée pour l’heure par les avocats de Sudpresse ne semblait pouvoir prouver qu’il en est bien le gérant. Or, si ce n’était pas le cas, le tribunal du commerce pourrait se déclarer incompétent quant au dossier.

A la clôture du débat, le président a précisé qu’un jugement devrait être rendu la semaine prochaine si la compétence de sa juridiction ne s’avère pas justifiée. Dans le cas contraire, le jugement devrait être rendu dans le délai légal de 30 jours.