Pourquoi écrire un livre dit «nul» ?

Pourquoi écrire    un livre dit «nul» ?

Nicolas Ancion est un écrivain belge bien lu par les jeunes. Dans «Le livre le plus nul de la bibliothèque», quelles recettes secrètes a-t-il utilisées? Existe-t-il des «trucs» d’écrivain? rtbf/michel leroy

Tous les trois ans, dans 79 pays, on fait passer un test de lecture, de maths et de sciences à des élèves de 15 ans. Au fond, c’est quoi être un bon lecteur?

Cette semaine, les résultats de l’enquête PISA ont été présentés. Cette vaste enquête réalisée auprès de 600 000 jeunes de 15 ans dans 79 pays montre notamment que, chez nous, les jeunes francophones ont des progrès à faire en lecture.

Nicolas Ancion est un écrivain belge. Il a l’habitude d’écrire des livres pour les enfants et les ados. Il se rend aussi régulièrement dans les écoles. Il vient de sortir un livre qu’il a intitulé Le livre le plus nul de la bibliothèque. Cet ouvrage de 200 pages contient quinze histoires. Certaines sont très courtes, juste cinq ou six pages, toutes cherchent à capter l’attention et la curiosité du lecteur dès la première ligne... pour le rendre captivant.

Y a-t-il une recette pour donner envie de lire?

Quand j’écris pour les enfants, je pense toujours qu’avec un peu de chance, on va les obliger à un moment donné à lire. Je dis «un peu de chance» car le rêve de tout écrivain est d’être lu. Quand j’écris, je pense à ceux qui n’aiment pas lire. Ça aide beaucoup. Longtemps, on a pensé que les livres pour les enfants devaient leur expliquer la vie. Pour moi, lire, c’est vivre des émotions (peur, joie...). Un bon texte, c’est comme une attraction dans un parc. On monte dedans, on est entraîné et si, par exemple, on se fait rouler parce qu’on y a cru... c’est amusant! C’est la même impression qu’en descendant du train fantôme: on sent que l’on a eu peur mais on sait qu’on n’a pas vraiment vu un caveau et un squelette!

C’est quoi être un bon lecteur?

C’est quelqu’un qui est capable de s’attaquer à toutes sortes de textes (romans, recettes de cuisine...).

Vous avez écrit un livre en 24 h. Comment est-ce possible ?

Oui, je l’ai fait à cinq reprises. J’aime ça. C’est comme un athlète, j’aime la performance. Et puis, me mettre une contrainte (exigence) m’aide à aller jusqu’au bout. Sinon, quand on commence à écrire un roman, comme il n’y a personne qui attend ce livre, on peut passer des années à procrastiner, à remettre à plus tard le moment où on va le terminer.

Avez-vous toujours été dans la performance ?

Quand j’étais élève, ma méthode, c’était d’en faire le moins possible. J’avais compris que si j’écoutais en classe, je n’avais plus de travail à la maison. J’étais quelqu’un de paresseux mais ça ne faisait pas de moi un mauvais élève. Et quand j’aimais quelque chose, je me donnais à fond. Et écrire et lire, ça sert dans tous les cours!

Le sondage de la semaine