JUDICIAIRE

Catastrophe de Buizingen: «Aller en appel serait une honte», estime une association de victimes

Catastrophe de Buizingen: «Aller en appel serait une honte», estime une association de victimes

BELGA

Anita Mahy, présidente de l’ASBL «Catastrophe ferroviaire Buizingen: plus jamais», a dit être satisfaite du jugement rendu mardi par le tribunal de police de Bruxelles.

Elle a estimé qu’«aller en appel serait indécent» dans le chef de la SNCB et d’Infrabel. «C’est un verdict correct. Ils ont commis des erreurs, maintenant ils doivent prendre leurs responsabilités».

«En tant que victimes, nous ne pourrons jamais oublier complètement cette catastrophe», a déclaré Anita Mahy. «Mais il est satisfaisant que les responsables aient été punis. Nous avons enfin un verdict et c’est un soulagement. Nous ne pouvons plus qu’espérer qu’Infrabel et la SNCB nous respecteront en tant que victimes et ne feront pas appel. Aller en appel serait indécent, ce serait une honte», a-t-elle dit.

S’ils font appel, ils poignarderont les victimes dans le dos. Nous avons déjà été traités avec suffisamment de mépris.

«Quiconque a commis des erreurs doit en supporter les conséquences. Ils savent qu’ils ont commis des erreurs. S’ils font appel, ils poignarderont les victimes dans le dos. Nous avons déjà été traités avec suffisamment de mépris. Leur priorité absolue doit désormais être la sécurité», a poursuivi Anita Mahy.

«Dans les plans de la SNCB et d’Infrabel pour un nouvel accord social, ils proposent que les conducteurs de train travaillent jusqu’à 12 heures d’affilée. Ce seraient des trains meurtriers, qui causeraient encore plus de catastrophes telles que Buizingen et même pire. Ce serait ignorer les décisions de la commission d’enquête parlementaire sur la plus grande catastrophe ferroviaire belge de ces quarante dernières années. Ce serait inacceptable», a-t-elle réagi.

SNCB et Infrabel principaux responsables, pas de peine pour le conducteur

Mardi, le tribunal de police de Bruxelles a établi que le grave accident ferroviaire de Buizingen, survenu le 15 février 2010 et ayant causé la mort de dix-neuf personnes, résultait d’une conjugaison d’erreurs dont les responsabilités les plus importantes reposent sur les épaules de l’opérateur du réseau de chemins de fer belge, la SNCB, et sur celles du gestionnaire du réseau, Infrabel. Les deux sociétés ont été condamnées à une amende pénale de 550.000 euros.

Quant au conducteur du train L, qui n’avait pas respecté sa trajectoire, le tribunal a estimé qu’il avait commis une faute d’inattention et, en cela, avait aussi une part de responsabilité, néanmoins minime.

Par ailleurs, le tribunal a appliqué le principe du décumul des responsabilités, soit le fait que la personne morale est seule condamnée s’il est établi qu’elle est celle qui a commis la faute la plus grave. En l’occurrence, la SNCB, employeur du conducteur de train, a une responsabilité plus importante que son employé. Le tribunal a donc prononcé une simple déclaration de culpabilité dans le chef du conducteur, mais pas de peine.