JUDICIAIRE

La nièce du couple raconte la terrible nuit: «Elle criait mon prénom: viens, il va me tuer»

La nièce du couple raconte la terrible nuit: «Elle criait mon prénom: viens, il va me tuer»

(photo d’illustration) Belga

Lorenzo Di Francesco est accusé du meurtre de la mère de ses trois enfants, Claudia Barbone. La nièce a raconté, devant la cour d’assises du Hainaut, les faits survenus la nuit du 29 au 30 mai 2017 dans la maison de la rue Neuve à Piéton.

La nièce de Claudia Barbonea a raconté ce mardi, devant la cour d’assises du Hainaut, les faits survenus la nuit du 29 au 30 mai 2017 dans la maison de la rue Neuve à Piéton. Elle a entendu les cris et a vu son oncle en train de frapper sa tante. Elle avait senti une certaine tension dans le couple et elle était la confidente de l’accusé mais aussi de la victime.

La jeune fille, âgée de 17 ans aujourd’hui, vivait chez son oncle et sa tante depuis un mois environ. «Ma tante était un modèle, toujours souriante, coquette, elle me disait de n’avoir peur de rien. Lui, c’était une figure paternelle car j’étais en conflit avec mon père. Il a toujours été correct et attentionné. J’avais des rapports affectueux avec chacun d’eux», a-t-elle raconté devant la cour.

Deux semaines avant les faits, cette jeune femme avait senti une tension au sein du couple, les disputes étaient fréquentes. Lui avait des soupçons et des envies de suicide. Elle cachait des choses. «J’ai été prise entre deux feux. Il est venu me voir en me disant qu’il était fou, qu’il voulait se suicider. Je lui disais qu’il n’était pas fou. Elle me disait qu’elle se sentait mal, qu’elle aimait ses enfants et moi, mais elle se doutait qu’il se confiait à moi».

«Elle criait mon prénom: viens, il va me tuer»

La nuit des faits, la jeune fille était montée dans sa chambre pour regarder un film, elle ne portait qu’une seule oreillette. «J’ai entendu une dispute. J’ai entendu crier. Je me suis mise sur le palier. Elle criait mon prénom: viens, il va me tuer».

La jeune fille est descendue. «Quand je suis rentrée, elle était par terre, allongée, et lui sur elle à califourchon. Il la tenait par les épaules. Il lui a porté ensuite des coups de poing au visage, pour faire mal, puis il a claqué sa tête contre le sol en lui tenant ses cheveux. Elle me regardait comme si je devais lui sauver la vie, je me suis sentie impuissante».

Alors que la jeune fille criait qu’il allait la tuer, il l’étranglait. «Je lui ai dit: si tu ne la lâches pas, j’appelle la police. Il me disait de ne pas appeler la police. Je suis montée, j’ai appelé la police avec mon portable. Je suis retournée dans la véranda, elle ne bougeait plus. Il l’a retournée et il a plaqué son front contre le sol. J’ai crié. Il m’a suivie. Je l’ai vu reprendre le couteau et repartir vers la véranda».

Un témoin évoque une relation extraconjugale

Avant les faits, elle n’avait jamais vu son «Zio», qu’elle appelle aujourd’hui Monsieur Di Francesco, être violent avec sa tante.

Lorenzo Di Francesco est accusé du meurtre de la mère de ses trois enfants, Claudia Barbone. Il est suspecté de lui avoir porté des coups avant de l’étrangler et de lui asséner des coups de couteau, dans le thorax et au cou, car il la soupçonnait de le tromper. Les faits ont eu lieu dans la véranda de la maison du couple.

Lorenzo et Claudia étaient en couple depuis dix-sept ans. Elle avait rencontré un autre homme qui a confirmé devant la cour qu’ils avaient eu des relations sexuelles dans la maison de la rue Neuve et ailleurs, notamment dans les toilettes d’un hôpital. «Elle me disait que cela n’allait plus avec son compagnon. On avait envie d’avancer dans la vie, tous les deux», a raconté ce témoin.