SANTÉ

1.061 victimes en 2 ans au «320 rue Haute»: des femmes à 90%

1.061 victimes en 2 ans au «320 rue Haute»: des femmes à 90%

Le «320 rue Haute», CPVS de Saint-Pierre, a accueilli plus de 1000 victimes en 2 ans. 320ruehaute.be

1.061 personnes en 2 ans: c’est le nombre de patients reçus au «320 Rue Haute», le centre de prise en charge des violences sexuelles du CHU Saint-Pierre à Bruxelles. Pour la députée bruxelloise Bianca Debaets: «ça fait froid dans le dos».

Le Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) de Bruxelles a accueilli 1.061 personnes depuis sa création le 1er novembre 2017. Au cours de l’année 2019, il en a reçu 508 (474 en 2018 et 79 à la fin de l’année 2017), a indiqué lundi soir le président du CHU Saint-Pierre Mohamed Ouriaghli.

Celui-ci a livré cette information, à la suite d’une question adressée au collège par Bianca Debaets (CD&V), après la manifestation contre la violence faite aux femmes qui avait réuni 10.000 personnes dans les rues de Bruxelles, le 24 novembre dernier.

À Bruxelles, le Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) accueille indistinctement toutes les victimes de violence sexuelle, 24h/24 et 7 jours/7. Il a ouvert ses portes le 1er novembre 2017 au 320, rue Haute, à l’initiative du département de gynécologie obstétrique du CHU Saint-Pierre.

Augmentation

Ce centre propose une prise en charge médicale et médico-légale (constat de lésions, recherche de traces biologiques et récolte de preuves si la personne décide de porter plainte), un soutien et un suivi psychologique aux victimes; et la possibilité de déposer plainte auprès d’un inspecteur spécialement formé pour les faits de mœurs.

Selon Ouriaghli, le nombre de victimes reçues par mois était situé au début entre 30 et 40. Il est à présent de 50 à 60. Ces chiffres sont supérieurs au nombre de signalements rassemblés dans des centres similaires à Gand et à Liège.

Globalement, les chiffres de l’année-pilote répertoriés pour les 3 centres (Bruxelles, Liège et Gand) montrent que dans 90% des situations, les victimes sont de sexe féminin, et dans 10%, de sexe masculin. L’âge médian des victimes est de 24 ans et presque 30% des victimes ont moins de 18 ans. Dans environ 50% des cas enfin, les victimes décident aussi de porter plainte à la police.

Par ailleurs, la zone de police de Bruxelles-Ixelles a enregistré l’an dernier 3.796 cas de violence intrafamiliale, un chiffre jamais atteint en cinq ans. Pour mieux gérer le traitement des plaintes, la zone de police Bruxelles-Ixelles a formé 40 inspecteurs volontaires, et ce en collaboration avec le Parquet de Bruxelles et le CPVS.

«Froid dans le dos»

«L’analyse de ces chiffres fait froid dans le dos», déclare la députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V). «Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est de savoir qu’il ne s’agit vraisemblablement que du sommet de l’iceberg. Car, les études le prouvent, beaucoup de victimes préfèrent ne pas se manifester de peur de représailles. C’est donc important de communiquer encore plus largement sur l’existence de ce Centre de prise en charge des victimes pour inciter les personnes à faire le pas. Il y va de leur protection et souvent aussi de leur santé».

La députée estime aussi que «Porter plainte, c’est essentiel, car cela permet aux zones de police d’améliorer leur cartographie des violences sexuelles, à l’égard des femmes mais aussi des personnes LGBT. Cela peut avoir comme conséquence d’adapter le travailler sur le terrain, par exemple en ajustant le timing et le lieu de certaines patrouilles. Ceci dit, il faut rappeler que beaucoup de violences sont commises dans le cadre de la sphère privée».