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AB InBev: action de blocage aux dépôts de Jupille et Louvain

AB InBev: action de blocage aux dépôts de Jupille et Louvain

Les blocages ont débuté ce lundi en milieu d’après-midi. REPORTERS

Aucun camion ne pouvait sortir pour aller livrer la bière: des barrages filtrants ont été installés ce matin devant les brasseries de Louvain et de Jupille, appartenant au groupe AB InBev.

Des barrages filtrants étaient installés ce mardi matin devant les brasseries de Louvain et de Jupille, appartenant au groupe AB InBev. La production de bière continue et les travailleurs peuvent entrer sur les sites, mais aucun camion ne pouvait sortir pour aller livrer la bière, a expliqué Marc Delvenne, secrétaire régional CSC Alimentation & Services, présent à Jupille.

Ces blocages ont débuté ce lundi en milieu d’après-midi. Les syndicats avaient alors précisé qu’ils maintiendraient leur mouvement jusqu’à la prochaine rencontre avec la direction autour de la convention collective de travail, prévue à 13h ce mardi. Celle-ci n’aura finalement pas lieu (voir la cadrée ci-dessous), à tout le moins pas en l’état actuel des choses.

«Quand un blocage est lancé, ce n’est pas évident de l’arrêter», a averti Marc Delvenne. Ce dernier précise que le malaise ne serait pas aussi grand chez AB InBev si le dialogue social était meilleur. «Depuis plusieurs mois, il y a un lot d’erreurs sur les fiches de paie qui ne se chiffrent pas en dizaines d’euros, mais plutôt en centaines», explique-t-il.

D’après les syndicats, la politique salariale de la filiale belge du géant brassicole est gérée depuis l’Inde, ce qui occasionne de nombreuses erreurs dans la rémunération du personnel. Les organisations de travailleurs demandent en outre une extension des garanties de sécurité d’emploi et de revenus en cas de licenciement pour des raisons économiques.

Une première grève de 24 heures avait été menée dans quatre brasseries du groupe en Belgique, le 20 novembre dernier.

La direction annule la réunion de concertation

La direction d’AB InBev a annulé la réunion de concertation qui devait se tenir avec les syndicats ce mardi vers 13h. «La dynamique de négociations est perturbée par les actions syndicales. La levée des blocages est une condition qui permettra de ramener la sérénité et de revenir à la table des négociations», a précisé la direction dans un communiqué.

Les accès de plusieurs brasseries d’AB InBev sont bloqués depuis ce lundi après-midi (Jupille et Louvain) et ce mardi matin (Hoegaarden). Le brassage se poursuit mais aucun camion ne peut sortir pour effectuer des livraisons de bière.

Les syndicats ont fait savoir qu’ils allaient évaluer la situation après l’annonce de la direction d’annuler la réunion.

Les blocages ont débuté ce lundi en milieu d’après-midi à Louvain et Jupille après l’échec d’une réunion de négociations. Hoegaarden a rejoint le mouvement mardi matin. Les syndicats précisaient qu’ils maintiendraient les blocages jusqu’à la prochaine rencontre avec la direction autour de la convention collective de travail, prévue à 13h ce mardi. La direction l’a donc annulée.

Les organisations de travailleurs demandent une extension des garanties de sécurité d’emploi et de revenus en cas de licenciement pour des raisons économiques.

De son côté, la direction rappelle qu’un arrangement spécifique est entré en vigueur chez AB InBev en 2011, offrant aux ouvriers le paiement de trois ans de salaire au cas où la brasserie réduirait son effectif. Le groupe souhaite maintenir «cette clause de garantie exceptionnelle en Belgique qui s’ajoute aux indemnités légales requises». Il est «convaincu que les nouvelles propositions améliorées, présentées lundi à la table, offrent une très bonne protection pour ses travailleurs».

Selon les syndicats, la direction cherche en fait à encadrer de façon plus restrictive la disposition de 2011. Ils souhaitent que celle-ci soit harmonisée pour les ouvriers, les employés et les cadres. «La garantie de revenus pour un employé avec une ancienneté limitée est de deux mois et demi à peine, alors qu’elle court jusqu’à trois ans pour un ouvrier», souligne Kris Vanautgaerden (ACV/CSC).

Marc Delvenne, secrétaire régional de la CSC Alimentation & Services ajoute que le malaise social se fait plus intense en raison d’une politique salariale déplorable. Celle-ci serait gérée depuis l’Inde par AB InBev, ce qui occasionne de nombreuses erreurs dans la rémunération du personnel.

La direction dit être très claire à ce sujet. «Si des fautes ont été commises, elles seront rectifiées. Une bonne rémunération et un paiement correct du salaire sont une valeur de base chez AB InBev.»