TOURNAI

Le Tournai d’avant: mais qui est sainte Cécile?

Elle est devenue la patronne des musiciens, des luthiers et autres mais aussi des brodeurs et brodeuses et, à ce titre, demeure encore très honorée aujourd’hui. Mais qui est sainte Cécile?

Sa vie est faite de légendes, Cécile, représentée dans les vitraux ou les gravures de livres hagiographiques vêtue de beaux habits, signe de son origine patricienne, vécut à Rome au début du christianisme, religion à laquelle elle adhère.

Mariée, elle persuade son mari de respecter son vœu de virginité, le convertit, comme de nombreuses autres personnes recommandées au pape Urbain avant de mourir.

Elle vit en Sicile entre 176 et 180, sous l’empereur Marc Aurèle et y est condamnée à mort. Sa légende rapporte qu’en allant vers son martyre, elle entend une musique céleste et qu’elle se met à chanter en attendant le coup de hache du bourreau. Comme d’autres, notamment d’une Clarisse au corps demeuré intact, la dépouille de sainte Cécile fut retrouvée parfaitement conservée. Authentifiée en 821 dans les catacombes, elle est transférée dans l’église qui lui est dédiée.

Innombrables phalanges

Il est impossible de chiffrer livres et brochures qui lui sont consacrées, les partitions écrites en son honneur, non plus les chorales, harmonies et fanfares qui se sont placées sous la protection de Sainte-Cécile.

Dans nos régions, les harmonies naissent vers 1780: 1783, la philharmonique d’Ath,; 787, la Société des fanfares à Ghislenghien; 1803, les «Bleus» à Tournai; 1834, l’Union à Maulde. Ces ensembles ont important rôle social, animant ducasses, processions, fêtes scolaires….

L’âge d’or se situe entre 1840 et 1920, chaque commune veut sa musique. Les partis politiques s’en mêlent, à Vaulx, libéraux, socialistes et catholiques rivalisent.

Traditionnellement, la fête de leur patronne, le 22 novembre, débute par une messe que solennise la fanfare et que suivent la tournée des cafés et le banquet souvent très arrosé.

Certains ensembles se désolidarisent de sainte Cécile quand naît le mouvement ouvrier, porté par le syndicalisme, lequel institue des fanfares aux noms évocateurs «harmonies des ouvriers de…»; «Union musicale du Peuple» et, dans un identique canevas, le «Cercle de Propagande Anticléricale» (voir cliché) qui pose en 1906 au Bas Quartier.

Toutes ces phalanges sont très actives jusqu’en 1960 environ, on les voit d’ailleurs défiler dans le cortège de la libération et les premiers anniversaires.

Mais après, la société se transforme, de nombreux orchestres fêtent encore Sainte-Cécile pour le concert, le banquet mais sans plus de connotation religieuse. Dans les villages disparaissent des dizaines de fanfares, citons à titre d’exemples Bruyelle, Chercq, Estaimbourg, Froyennes, Guignies, Taintignies.

En ce 2019, nombre de fanfares et harmonies cherchent à recruter; certaines s’en sortent mieux que d’autres, notamment avec leur propre école de musique mais le malaise des dirigeants est bien réel.

Et demain, quid de la fête de Sainte-Cécile?