MONS

Gare de Mons: ouverture en octobre 2020… des parkings?

Gare de Mons: ouverture en octobre 2020… des parkings?

Les parkings de la gare Calatrava seront-ils ouverts dans un an? Peut-être. Mais la gare, non, à coup sûr. Ugo PETROPOULOS

Le chantier accuse encore de nouveaux retards à cause d’entreprises en difficulté. La SNCB et le ministre des transports ne se risquent plus à annoncer une date de fin des travaux.

2021? 2022? 2023? Plus personne ne se risque à annoncer une année d’ouverture aux voyageurs de la gare Calatrava de Mons, cet ouvrage maudit fruit d’un arrangement politique (ok pour ta gare à Liège, mais j’en veux une aussi à Mons) et dont on se demande s’il sera un jour terminé. Hier, en séance plénière du parlement, le député-bourgmestre d’Hensies Éric Thiébaut remettait la question sur le tapis.

«Au vu des éléments d’information dont vous disposez, pourriez-vous être précis quant à la fin définitive des travaux et communiquer une date d’inauguration de la nouvelle gare de Mons?» demandait-il notamment au ministre des Transports François Bellot. Après tout, on ne sait jamais…

Mais non. Rien à signaler. Enfin si, mais rien de positif, ou si peu. Le ministre est sorti les bras chargés du rayon des mauvaises nouvelles pour apporter sa réponse.

Défaillances

«La SNCB m’informe que le retard important qui affecte le chantier de la gare multimodale de Mons est en très grande partie dû aux défaillances, c’est-à-dire aux faillites, des différentes entreprises auxquelles des marchés publics avaient été attribués.»

Les défaillances touchent des entreprises chargées de réaliser la construction, le montage de la charpente métallique et des structures des abris de quai. Bref, tout ce qui reste à faire, ou presque.

«Ces graves dysfonctionnements ont des répercussions sur les délais d’exécution et, en cascade, sur les marchés de la vitrerie, des engins de levage, des techniques spéciales et du parachèvement du chantier», poursuit François Bellot.

«La date définitive de fin des travaux ne pourra être communiquée que lorsque tous les marchés seront attribués dans le respect de la législation sur les marchés publics et quand on aura levé les dernières péripéties des entreprises qui sont actives sur place et qui rencontrent à nouveau, pour certaines, des difficultés économiques et financières majeures.»

Bref, on nage à nouveau en pleine incertitude. «Quand on sait que l’on parle de marché européen, on peut s’attendre, selon moi, à un rallongement supplémentaire d’au moins deux ans», craint le député Thiébaut.

Qui s’inquiète aussi pour les subsides: «avec les délais qui s’allongent sans arrêt, je crains que nous ne perdions le bénéfice des subsides européens qui ont été attribués pour le chantier.» Mais aussi les 30 millions€ prévus par la Région wallonne pour la partie bus de la gare.

Ouverture souterraine

Seule bonne nouvelle annoncée par le ministre: «les travaux de gros œuvre béton se poursuivent. Le bétonnage de la dalle vient d’ailleurs de se terminer et les travaux des escaliers Nord et Sud sont en cours.»

Youpi. Et «de plus, une procédure de marché est en cours afin de réaliser une ouverture anticipée du parking Nord, côté Grands Prés. L’objectif est l’automne 2020.»

Et dire qu’il a deux ans et demi, on avait osé annoncer une gare ouverte aux voyageurs… fin 2018. Et six mois plus tard, fin 2019. On en rit encore.