TOURNAI/MOUSCRON

Le Black Friday divise au centre-ville de Tournai/Mouscron

Le Black Friday divise au centre-ville de Tournai/Mouscron

Marnie a décidé de prendre le parti de ses clients et propose une offre Black Friday. ÉdA – 50320889996

De plus en plus de petites enseignes s’alignent sur les grandes, pour Black Friday. Pas toujours facile de brader autant…

Certains l’ont attendu toute la semaine, d’autres sont déjà agacés d’en entendre parler. Le Black Friday day divise, c’est un fait, et d’autant plus dans les centres-villes où les petits indépendants sont installés.

Rappelons-le, le «vendredi noir» est un jour de promotions qui se produit juste après Thanksgiving. Cette coutume s’est installée chez nous il y a quelques années. Les grandes enseignes ont pris le pli et font désormais des réductions le dernier vendredi du mois de novembre. L’événement a pris tellement d’ampleur que les commerçants ne se contentent d’ailleurs plus uniquement du vendredi. Certains affichent des soldes tout le week-end et d’autres parfois même toute la semaine. Les indépendants du centre-ville sont également sollicités par leurs clients pour participer à ce grand mouvement de promotions. «On m’a demandé si je faisais le Black Friday et j’ai confirmé. Du coup, la cliente est partie, sans rien acheter, et reviendra vendredi, racontait Dominique Ladavid, gérante d’Estime, boutique de bijoux et de prêt-à-porter rue des Maux. Si je ne le fais pas, les clients iront ailleurs.» C’est ainsi que la boutique Estime a fini par s’aligner.

«Faire plaisir aux clients»

Elle n’est pas la seule. Le magasin «Victoire chaussures», rue de la Tête d’argent, affiche toute la semaine moins 10%, «cette tradition pousse à la consommation, ce que je n’aime pas, mais l’on voit des promotions partout et toute la semaine. Il faut faire plaisir aux clients et suivre les grandes enseignes. Cela peut aussi redonner l’envie de venir au centre-ville» exprime Victoire, la gérante. Marnie, qui tient la boutique Capriss sur la Grand-Place, est du même avis: «Cet événement fait sortir les gens et ils s’attendent à ce qu’il y ait des réductions.» La boutique propose donc deux articles achetés, un gratuit, de vendredi jusqu’à dimanche.

Pas convaincus

D’autres boudent davantage le Black Friday. Deborah Bovy, tient depuis 24 ans la boutique Vert d’or, rue du Cygne. Elle n’a jamais participé au mouvement: «Je suis entre deux chaises. À cause des promotions, on a l’impression de travailler pour rien. On n’arrête pas de brader. Les grandes enseignes ont des faveurs que nous n’avons pas. Ici, l’on vend des robes de cocktail, c’est un commerce plus lent. Faire le Black Friday pourrait remuer un petit pourcentage mais sans plus.» Anne-Catherine Bekaert de Lingerie Mireille, rue du Christ à Mouscron, est également mitigée, «Je l’ai fait l’an passé, les affaires n’ont pas mieux fonctionné.»

Un boycott

À Tournai, deux boutiques voisines ont décidé de boycotter la tradition américaine: «On renie le Black Friday parce qu’il entretient la société de consommation. Nous devrions faire des réductions à un mois des soldes seulement! C’est exagéré!», insistait Nina Haubursin, vendeuse au magasin de prêt-à-porter Oze. Sa voisine, Caroline Velghe, de Cœur de Beurre, boutique pour enfants, tient le même discours, «ma clientèle est dans la même optique que nous. Même mes fournisseurs, des petits créateurs, me demandent de ne pas brader leurs produits ce jour-là.»

Une autre façon de boycotter le Black Friday est le Green Friday: «Il s’agit de reverser un pourcentage de nos ventes ce jour-là, à une association. Dans mon cas, je pense me pencher vers un mouvement écologique», expliquait Sophie Delannoy gérante de Green Terra, à Tournai.

Même si l’événement ne convainc pas encore les petits commerçants, ceux qui suivent le mouvement s’attendent à un bon week-end qui compensera un début de semaine plus calme que d’habitude.


Nos dernières videos