BELGIQUE

On sait où nos soldats seront déployés en 2020. Et ce que ça vous coûtera

On sait où nos soldats seront déployés en 2020. Et ce que ça vous coûtera

Les soldats belges seront notamment déployés au Mali pour poursuivre leur mission dans la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali (Minusma). BELGA

Sahel et Afghanistan à coup sûr, et peut-être la Jordanie: tels devraient être les principaux théâtres d’opération pour l’armée belge en 2020. Ce qui coûtera 72 millions d’euros.

Sahel et Afghanistan à coup sûr, et peut-être la Jordanie: tels devraient être les principaux théâtres d’opération pour l’armée belge l’an prochain, selon les projets du gouvernement démissionnaire et en affaires courantes, qui mise sur la poursuite des missions en cours tout en préparant une éventuelle participation aérienne à la coalition internationale anti-Etat islamique.

Ce plan opérationnel doit encore être approuvé par le conseil des ministres - en principe vendredi prochain. Il a toutefois déjà été présenté, chiffres à l’appui, aux commissions de la défense et de suivi des opérations de la Chambre.

Selon un résumé obtenu par l’agence Belga, la Défense prévoit ainsi de consacrer 72,3 millions d’euros net (156,6 millions en brut) à l’ensemble de ces engagements opérationnels pour 2020, sous l’égide de l’Otan, de l’Union européenne, des Nations unies, sur une base bilatérale ou dans le cadre de la coalition anti-EI dirigée par les États-Unis.

Niger, Mali, Afghanistan

Par ordre décroissant, c’est l’engagement belge au Sahel, au nom de la lutte contre le terrorisme djihadiste et sous différentes formes, qui s’annonce comme le plus coûteux.

D’abord, l’assistance militaire au Niger, avec la «consolidation» de la mission de formation de forces spéciales qui se traduira par une présence permanente d’une quinzaine de militaires à Niamey, la capitale, et d’une quarantaine à Maradi (centre-sud) ainsi que des renforts spécifiques durant différentes périodes de l’année allant jusqu’à une présence maximale d’environ 80 militaires, selon la Défense.

La Belgique maintiendra aussi sa participation à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali (Minusma), avec quelque 120 militaires. Mais l’armée affectera également trois personnes au quartier général de la «Combined Joint Special Operations Task Force» française installée à Gao (nord), en réponse à la demande de la ministre française des Armées, Florence Parly, qui souhaite la création d’une unité de forces spéciales européennes, déjà baptisée «Takuba».

Une centaine de militaires belges resteront en Afghanistan pour participer à la mission Resolute Support de l’Otan, forte de quelque 16.000 hommes, dont environ 8.000 soldats américains, et qui vise à entraîner les forces de sécurité locales. Le contingent belge de RSM est déployé à Kaboul, la capitale, mais surtout à Mazar-i-Sharif (nord), pour y accomplir des missions d’instruction et de sécurité, sous le commandement de la Bundeswehr (armée allemande).

Le gouvernement planifie aussi un possible retour de quatre avions de combat F-16 en Jordanie, pour participer pour un an, à partir de la mi-2020, aux opérations militaires de la coalition anti-EI (Daech selon son acronyme arabe) en Irak. Il y a réservé un montant net de 13,37 millions d’euros.

9500 heures de vol déjà

La Défense a, en présentant ses projets aux députés, expliqué que les troupes au sol alliées et irakiennes avaient encore besoin d’un soutien aérien, en dépit de l’éradication du «califat» territorial instauré depuis 2014 par l’organisation djihadiste en Irak et en Syrie.

«Il faudra une nouvelle demande concrète de la part de la coalition» et une «nouvelle évaluation» en 2020 avant de concrétiser cette opération potentielle, a souligné un spécialiste du dossier. Plusieurs partis politiques ont réclamé que le parlement soit associé à toute décision.

La composante Air de l’armée a déjà opéré durant 27 mois - en deux épisodes distincts, d’octobre 2014 à la mi-2015, puis de juillet 2016 à fin décembre 2017 - au-dessus de l’Irak et de la Syrie au départ de la base jordanienne d’Azarq, réalisant environ 5% des missions effectuées par la coalition, soit 2.031 «sorties» individuelles et 9.500 heures de vol.

Cette éventuelle mission au Moyen-Orient sera possible après le retour, prévu fin avril, des quatre F-16 déployés en Lituanie pour assurer, dans le cadre de l’Otan, la défense de l’espace aérien des pays baltes, sous le nom de «Baltic Air Policing (BAP).

Sur le plan terrestre, aucune participation n’est en revanche prévue en 2020 aux «mesures d’assurance» de l’Otan visant à assurer une présence militaire renforcée («enhanced Forward Presence, eFP») sur le flanc oriental de l’Alliance atlantique. Depuis fin août et jusque fin décembre, un détachement de 260 militaires de la composante Terre, est déployé en Lituanie au sein d’un «Battle Group» dirigé par l’Allemagne.

Sur le plan bilatéral, le plan d’opération prévoit aussi que la frégate Léopold 1 de la Marine se joigne au groupe d’escorte du porte-avions français Charles de Gaulle pour une mission de quatre mois dans l’océan Atlantique.