ISRAËL

L’ère Netanyahu va-t-elle s’achever?

L’ère Netanyahu va-t-elle s’achever?

Les partisans de Benjamin Netanyahu ont donné de la voix, mais cela ne lui suffira sans doute pas… AFP

L’inculpation de Benjamin Netanyahu marque sans doute la fin de sa carrière politique. Et c’est le Likoud qui pourrait la lui signifier.

Est-ce la fin de l’ère Benjamin Netanyahu en Israël? L’inculpation pour corruption du Premier ministre israélien au moment précis où les députés doivent se prononcer sur le prochain chef de gouvernement pourrait précipiter la fin du règne du «roi Bibi», estimaient ce vendredi les commentateurs.

Pour la première fois de son histoire, Israël se réveille avec un Premier ministre inculpé, pour corruption, abus de confiance et malversation dans trois affaires différentes.

Si la saga judiciaire pourrait s’éterniser, à court terme, c’est le pouvoir de Benjamin Netanyahu, chef du parti de droite Likoud, qui est remis en cause.

Après l’échec du Premier ministre démissionnaire, puis celui de Benny Gantz, leader du parti «Bleu-Blanc», à former un gouvernement, les députés israéliens doivent en effet choisir entre trouver un nouveau Premier ministre capable de rallier la majorité nécessaire de 61 sièges, ou mener le pays vers de troisièmes élections en moins d’un an.

«Sans tenir compte des questions morales et légales, la situation politique du Premier ministre est douloureusement claire: ses chances d’atteindre les 61 sièges sont quasi inexistantes», résume Amit Segal, commentateur marqué à droite au quotidien Yediot Aharonot.

Fronde au Likoud?

Benny Gantz, ex-chef de l’armée, qui convoite le poste de Premier ministre, a appelé à la démission de son rival après son inculpation.

Benjamin Netanyahu a répliqué en criant au «coup d’État judiciaire». Mais dès le début de semaine prochaine, il pourrait perdre des plumes, car les lois israéliennes interdisent à un ministre, et non au Premier ministre, de rester en fonction s’il est inculpé.

Or M. Netanyahu cumule les portefeuilles de l’Agriculture, de la Santé, des Affaires sociales et de la Diaspora, dont il devra se départir.

Surtout, le coup fatal pourrait venir de son propre camp, le Likoud, qui aura à choisir s’il le soutient contre vents et marées, ou s’il le lâche pour soutenir un autre candidat au poste de Premier ministre.

Jeudi, peu avant la mise en examen du Premier ministre, un ténor de son parti, Gideon Saar, appelait déjà à la tenue de primaires au Likoud, car, en cas de troisième scrutin, il «n’est pas raisonnable de penser» que M. Netanyahu soit en mesure d’obtenir une majorité

«Je pense que je serais capable de former un gouvernement et d’unir le pays et la nation», a déclaré M. Saar: la bataille est engagée au sein du Likoud!