MEUX

Jessica, la Namuroise détenue à Paris a été libérée

Jessica, la Namuroise détenue à Paris a été libérée

Deux Belges ont été arrêtés lors de la manifestation des Gilets jaunes, qui s’est déroulée à Paris, samedi dernier. AFP

Jessica, cette habitante de Meux incarcérée à Paris depuis samedi dernierr, dans la foulée de la manifestation des Gilets jaunes, a été libérée vendredi en début d’après-midi, nous indique son avocat Adrien Mamère.

Jessica, une habitante de Meux, était incarcérée à Paris depuis samedi, dans la foulée de la manifestation des Gilets jaunes. Elle a été libérée, ce vendredi, en début d’après-midi.

La Meutoise a comparu devant la cour d’appel qui n’a pas confirmé le jugement rendu précédemment par le tribunal des libertés. Pour rappel, la juridiction avait suivi la décision de la préfecture de Paris qui prévoyait d’expulser la jeune femme de 39 ans, et de l’interdire de séjour en France durant deux ans. «Une décision rare à l’encontre d’un citoyen européen. Il faut vraiment représenter une menace pour l‘État», dit l’avocat Me Adrien Mamère insistant sur le caractère ubuesque de la première décision.

Dans nos éditions de ce vendredi matin, l’homme de loi parisien revenait sur l’arrestation, abusive selon lui, dont avait fait l’objet la Meutoise alors qu’elle souhaitait reprendre le métro et quitter les lieux. Jessica était arrivée tardivement place d’Italie ou la préfecture de police avait confiné le rassemblement. Elle était accompagnée d’André, un habitant de Bruxelles, qu’elle avait rencontré la veille, à l’occasion d’un événement culturel «engagé».

Voyant que l’action des Gilets Jaunes tournait au vinaigre, les nouveaux amis avaient tenté de déguerpir. Dans sa fuite, la Namuroise avait fait mine de déplacer une barrière, alors que les CRS AFP / avaient lancé l’assaut. Un geste qui avait été interprété comme de la rébellion. C’était le début du calvaire pour Jessica qui a été écrouée.

«Une personne engagée»

À nos confrères de Libération, Jessica a dit partager les revendications des Gilets jaunes, sans toutefois faire partie du mouvement. Dans son village, certains la décrivent comme une «personne très engagée» qui aime défendre ses opinions. «Elle a participé à des manifs à Bruxelles», dit l’un. «Elle serait du genre à faire quelques graffitis sur une affiche électorale», plaisante un autre. Pas de quoi faire de Jessica une «indésirable», comme l’avait suggéré la préfecture de Paris dans sa décision initiale. La Meutoise se souviendra longtemps de son escapade parisienne

Une différence de traitement

«Aujourd’hui, en France, il ne fait pas bon de se balader en étant habillé d’une certaine manière», relève Me Mamère, grinçant lorsqu’il s’agit d’évoquer une procédure réglée grand train, et une décision préfectorale sévère. Contacté peu avant que la libération de sa cliente ne soit proclamée par la cour d’appel, l’avocat était plutôt pessimiste. Le soulagement se lisait entre les mots du bref SMS qu’il nous a adressé sur le coup de 13 h, vendredi: «Elle est libérée.»

À ce stade, cependant, rien ne justifie la différence de traitement dont ont fait preuve les deux Belges, à Paris. Jessica a été plus durement jugée que son acolyte bruxellois. André avait, en effet, été relaxé par le juge des libertés et était rentré au pays, plus tôt. «Mais la préfecture de police a fait appel de la décision. On a du apporter une preuve qu’il était bien en Belgique et que donc, qu’un avis d’expulsion à son encontre était ridicule», tempère Me Mamère.

Leur cas respectif a été examiné par des magistrats différents mais la seule personnalité du juge ne permet pas de justifier une telle marge dans l’appréciation des faits. «Jessica a tenu une barrière, André a déplacé des plots», précise Adrien Mamère, sur la matérialité de ce qui était reproché à chacun.

Un peu maigre pour maintenir la Meutoise en détention et libérer le Bruxellois. Reste le profil des intéressés? Et sur ce point de comparaison, on imagine qu’André, cheminot syndicaliste, a plus de chances de crisper un CRS sous tension que Jessica.

Quoi qu’il en soit, après une semaine loin des siens, et quatre nuits passées dans un centre de rétention, cette dernière s’est normalement réveillée dans son lit, à Meux, ce matin.