FRANCE

VIDÉO | Enclos insalubres, cannibalisme, cadavres au sol: un élevage de cochons épinglé par L214

Dans une nouvelle vidéo choc, l’association de défense des animaux L214 a révélé les conditions déplorables dans lesquelles vivent les cochons d’un élevage intensif situé en Bretagne.

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Certaines images diffusées dans cette vidéo sont assez difficiles à regarder. Si vous ne souhaitez pas les voir, nous vous conseillons de ne pas lancer la vidéo ci-dessus.

Les activistes de L214 ont encore frappé. Quelques semaines après avoir révélé l’enfer dans lequel vivaient les veaux laitiers, ils se sont penchés sur le calvaire vécu par des cochons dans un élevage XXL du Finistère, qui élève 800 truies reproductrices et engraisse plusieurs milliers de cochons.

Cette fois, leur message est porté par le célèbre photographe Yann-Arthus Bertrand. «Sans lanceur d’alerte, les images qui vont suivre de ces pauvres cochons, enfermés toute leur vie dans un élevage intensif, vous ne les verriez jamais. C’est pourtant la triste réalité, et il faut bien l’admettre, le sort que nous réservons à ces animaux, c’est tout simplement l’enfer sur Terre», explique l’écologiste de 73 ans.

Enclos crasseux et sombres, eau stagnante ainsi que cadavres de nouveau-nés et déjections jonchant le sol: la vidéo montre les conditions déplorables dans lesquelles vivent ces animaux au quotidien.

Des conditions de vie qui peuvent mener au cannibalisme

Maintenus entre des barreaux et confinés sans aucune lumière, les cochons ont tendance à devenir fous. Aux porcelets, on meule les dents et coupe la queue pour limiter les conséquences des agressions des uns envers les autres. Toutefois, ce n’est pas toujours suffisant. Ainsi, les caméras de L214 ont mis en évidence un cochon se faisant dévorer vivant jour après jour par ses congénères.

En tout et pour tout, l’association de défense des animaux a relevé huit infractions à la législation en vigueur: absence de soins aux animaux blessés, hygiène déplorable, délai de retrait des animaux morts, queues des cochons coupées, absence de paille, non-prévention du cannibalisme, mutilation des oreilles et non-stockage des produits vétérinaires.

L214 a déclaré son intention de porter plainte «pour mauvais traitement et sévices graves sur animaux» auprès du procureur de la République de Brest.

En parallèle, Yann-Arthus Bertrand et L214 ont lancé un appel aux candidats des prochaines élections municipales en leur demandant «de s’engager à écarter la viande et autres produits animaux issus des élevages intensifs de la commande publique, notamment pour les cantines scolaires.»

Triskalia dénonce le mode opératoire de L214 mais reconnaît des erreurs

Suite à la publication de la vidéo, l’entreprise Triskalia a décidé de s’exprimer publiquement. Elle dénonce «le mode opératoire de l’association» dont les images ont été «mises en scène afin d’obtenir un climat anxiogène.»

La société française reconnaît toutefois que les «animaux blessés auraient dû être séparés des autres dès les premiers signes et soignés dans l’infirmerie» ainsi que les médicaments, qui «auraient dû être stockés dans une armoire à pharmacie».

La coopérative agricole bretonne a également prévu de renforcer les contrôles à l’avenir. «Nous allons procéder à toutes les vérifications nécessaires concernant cet élevage et prendrons si besoin les mesures qui s’imposent.»