HUY

Colruyt de Huy: le chantier arrêté à cause de la boue

La police de Huy a fait arrêter le chantier du Colruyt. Plus question d’en faire sortir des tracteurs aux roues chargées de boue tant que rien ne permettra de nettoyer la voirie…

Le chantier a démarré il y a quelques semaines déjà, début octobre. Et les travaux vont durer jusque fin de l’année prochaine. Où ça? À Ben-Ahin, aux abords du Colruyt. La SCRL Colim (pour Colruyt group) y agrandit sa grande surface.

Sauf que là, ça ne va pas… Après avoir fait démolir l’ancienne maison du peuple et l’ancien Bel&Bo, l’entrepreneur est en train de transvaser des terres de l’un à l’autre, de l’emplacement de l’ancien magasin de vêtements à l’autre emplacement, au pied du rond-point. Et les tracteurs ont les roues chargées de boue… qu’ils perdent sur la voirie. En ce début d’après-midi, la RN90 est chargée d’une boue grasse sur laquelle passent des dizaines de voiture. La police de Huy est intervenue une première fois. Avec une première mise en demeure… que l’entrepreneur a cependant tôt fait d’oublier pour relancer le ballet de ses tracteurs, une fois les policiers partis. Là, c’est désormais le commissaire Patrick Jaumotte qui a pris les choses en mains car «l’entrepreneur n’attendait que le départ de l’équipe de policiers envoyée sur place pour recommencer». Et lui, il a fait arrêter le chantier. Plus question de faire sortir des tracteurs aux roues chargées de boue. «On attend une balayeuse d’une société qui vient de Flandre», note le responsable du service ordre public et circulation à la zone de police de Huy. Et il ajoute: «mais je ne pense pas que ce sera suffisant. Depuis ce matin, ce sont des dizaines, si pas des centaines de véhicules qui sont passés par ici. La boue est damée. Il faudra certainement une lame pour l’enlever.»

Le commissaire Jaumotte a fait appeler le gérant du Colruyt de Ben-Ahin qui est venu sur place avant de contacter le coordinateur du chantier pour lui expliquer la situation. Le SPW (c’est une voirie régionale) a lui aussi été informé car il pourrait y avoir des dégâts. La voirie pourrait avoir été abîmée. Là, le commissaire Jaumotte attend lui-même l’arrivée de la balayeuse. Et il l’affirme clairement: si l’entrepreneur veut relancer ses tracteurs chargés de boue sur la voirie, il n’a qu’à mettre des ouvriers, avec pelle et brosse en mains, pour nettoyer le tarmac à chaque passage de tracteur. « C’est trop dangereux. L’entrepreneur n’en est pas conscient car il avait une injonction et il a quand même relancé le travail. C’est malheureusement souvent le cas lors de travaux. Et nous, nous ne sommes pas informés que le chantier aura un impact sur la voirie.»

Ce n’est surtout pas la première fois: lors de la démolition de l’ancienne maison du peuple, aucune précaution n’avait été prise pour assurer la sécurité sur la voirie. Et un morceau de mur y était tombé.

«Ici, il y a vraiment un danger. Car un vélo, une moto pourrait glisser. Ou même une voiture si elle doit freiner…» La police veut clairement veiller au grain… et à la sécurité des usagers de la voirie.