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Le papa d’Amaya Coppens dénonce le mauvais traitement de sa fille en prison: «Elle a reçu des coups»

Le papa d’Amaya Coppens dénonce le mauvais traitement de sa fille en prison: «Elle a reçu des coups»

ÉdA

Amaya Coppens, la jeune Belgo-Nicaraguayenne arrêtée jeudi dernier dans la ville de Masaya (Nicaragua), a subi des mauvais traitements, ont rapporté les médias locaux ainsi que son père Frédéric Coppens.

«Amaya a effectivement recu des coups durant son arrestation et le transfert depuis Masaya jusqu’à la prison d’El Chipote», a écrit celui-ci dans une lettre à sa cousine transférée à Belga.

Amaya Coppens, 25 ans, avait été libérée en juin 2019 après neuf mois d’emprisonnement. Figure de la contestation contre le régime de Daniel Ortega, elle a une nouvelle fois été arrêtée jeudi dernier avec 15 autres activistes alors qu’elle apportait de l’eau à des grévistes de la faim qui demandaient la libération de détenus politiques.

 

Pas de fenêtre, pas de ventilation, pas d’eau, lumière allumée en permanence, et une paillasse moisie qui a provoqué une nouvelle crise d’asthme durant la nuit.

 

Sa maman a pu lui rendre visite cette semaine durant une vingtaine de minutes. Amaya a confié avoir reçu des coups puis avoir été enfermée dans une cellule d’isolement, dans des conditions assimilables à de la torture, selon le récit de ses propos par Frédéric Coppens: «pas de fenêtre, pas de ventilation, pas d’eau, lumière allumée en permanence, et une paillasse moisie qui a provoqué une nouvelle crise d’asthme durant la nuit», a décrit celui-ci. En raison de son état de santé, la jeune femme a reçu quatre médicaments par injection, sans précisions sur leur contenu.

Après environ 24 heures en isolement, Amaya a été emmenée dans une cellule qu’elle partage avec une autre femme. Elle devrait rester en détention préventive jusqu’à l’audience fixée au 28 novembre, d’après les médias locaux.

La police prétend qu’Amaya et les autres militants de la coalition d’opposition Unab arrêtés jeudi passé transportaient des armes. «Notre fille n’est certainement pas stupide au point d’aller négocier avec la police qui encerclait l’église de Masaya en emmenant des armes dans le coffre des voitures. Cette accusation est, bien entendu, montée de toutes pièces», insiste son père.

Le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a fait part de son inquiétude et demandé aux autorités nicaraguayennes de mettre fin à la «répression permanente» des dissidents.

L’ONG Amnesty International a lancé une pétition pour la libération «sans délai» de toutes les personnes détenues «uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique».

Les violences politiques au Nicaragua ont fait plus de 325 morts depuis les manifestations d’avril 2018, tandis que des centaines d’opposants ont été jetés en prison et qu’environ 62.500 Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil, selon les organisations de défense des droits humains.