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Les 5 failles de Disney+, de la censure au piratage

Les 5 failles de Disney , de la censure au piratage

Certaines pratiques du service de streaming Disney+ posent question. Capture d’écran

Le nouveau service de streaming est loin d’être parfait. Il s’autorise à censurer et déformer films et séries.

Le couteau entre les dents, Disney est entré dans l’arène du streaming le 12 novembre. Son arme fatale pour détrôner Netflix: Disney+. Prix: 6,99€ par mois.

Disponible aux USA, au Canada, aux Pays-Bas, en Australie et en Nouvelle-Zélande, la nouvelle plate-forme poursuivra son déploiement le 31 mars 2020. Au programme: Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Espagne, Irlande.

Quid de la Belgique ? Les plus optimistes espèrent que notre pays accrochera ce train européen.

En attendant cette échéance, Disney+ divise. Malgré les 10 millions d’abonnés recensés le lendemain du lancement, le service est loin, très loin d’être parfait.

Voici les 5 failles de Disney+.

1.Les Simpson tronqués

Disney+ abrite les 30 premières saisons de la série animée Les Simpson.

La célèbre famille est tombée dans l’escarcelle de The Walt Disney Company après le rachat de la 20th Century Fox.

Surprise, le nouveau service de streaming ne respecte par le format des 20 premières saisons du show:

- L’image des saisons 1 à 20 adopte le ratio 4/3.

- Disney+ recadre cette image au ratio 16/9.

Bref, Disney+ cisaille et dénature le cadrage d’origine, quitte à ruiner les gags visuels.

Exemple:

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À droite, la version recadrée en 16/9e occulte le fait que les différents types de bière Duff (normale, light, sèche) sont livrés par le même tuyau. Captures d’écran

Sérieusement critiqué sur les réseaux sociaux, Disney promet de régler le problème en 2020.

2.Le règne de la censure

La série animée Les Simpson est à nouveau au cœur de la tourmente.

En ligne de mire: le premier épisode de la troisième saison (1991). Disney+ refuse de le relayer.

Dans cet épisode diffusé à l’origine le 19 septembre 1991 aux USA, Michael Jackson double le personnage de Leon Kompovsky, deux ans avant les premières accusations de pédophilie.

28 ans plus tard, le documentaire Leaving Neverland a secoué les spectateurs américains. Au point de pousser les créateurs des Simpson à retirer de la circulation l’épisode incriminé.

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Dans cet épisode des Simpson absent de Disney+, Michael Jackson double ce personnage... qui se prend pour le roi de la pop. Capture d’écran

Toy Story 2 est également censuré sur Disney+, plus subtilement.

Le générique final perd une séquence où le personnage de Stinky Pete drague deux Barbie en leur promettant un rôle dans Toy Story 3.

Le mouvement #MeToo est passé par là.

Il est fort à parier que l’exploration minutieuse du catalogue révélera l’existence d’autres censures similaires.

3.Le manque d’exclusivités

Les exclusivités sont le nerf de la guerre du streaming.

Netflix mise sur Stranger Things, La casa de papel ou encore Umbrella Academy à l’heure de recruter et conserver ses abonnés.

Même si le service nous promet un déluge de séries Marvel, le catalogue Disney+ s’appuie sur un nombre très, trop restreints d’exclusivités.

Seul The Mandalorian tente de sauver les meubles, en attendant l’arrivée des renforts.

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La section Disney+ Originals, dédiées aux exclusivités, fait pâle figure. Captures d’écran

4.Les pirates aux aguets

Disney ne semble pas en mesure de protéger comme il se doit la base de données des abonnés Disney+.

Les informations de connexion liées à des milliers de comptes n’ont pas tardé à se répandre comme une traînée de poudre sur des forums des pirates et sur le site Reddit.

Les hackers négocient à prix cassés ces données confidentielles, comme le démontre cet article du site américain ZDNet.

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Sur le Darknet, des hackers vendent des informations de connexion à Disney+, comme l’a prouvé le site américain ZDNet. ZDNet

5.Les Star Wars triturés

C’est une manie qui a viré à l’obsession

George Lucas n’a jamais cessé de modifier encore et encore ses films Star Wars. Pour le meilleur (parfois) et pour le pire (souvent).

En 1997, les sorties des Éditions Spéciales de Un Nouvel Espoir (1977), L’Empire contre-attaque (1980) et Le Retour du Jedi (1983) introduisent des nouveautés controversées.

Exemple: la rencontre Han Solo / Greedo dans la cantina.

Dans la séquence de 1977, le contrebandier incarné par Harrison Ford abat froidement le chasseur de primes.

Dans la version revue et corrigée de 1997, de piètres effets spéciaux numériques greffés maladroitement tentent de nous convaincre que Greedo tire le premier.

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À la droite du visage de Han Solo, on aperçoit cette étincelle numérique rajoutée en 1997 et qui laisse croire que l’alien tire le premier. Internet

La question serait anecdotique si les versions originales étaient toujours aisément disponibles. C’est hélas loin d’être le cas.

Exemple: pour revoir le premier Star Wars tel qu’il avait été projeté en 1977, il est nécessaire d’exhumer la K7 vidéo VHS ou le Laserdisc de jadis.

Surréaliste.

On pouvait légitimement espérer que Disney+ proposerait les films originaux en marge des versions retouchées.

La situation est toute autre.

Les fans découvrent stupéfaits des films Star Wars qui abritent des retouches qu’ils ne connaissaient pas encore.

Exemple: la fusillade Han Solo / Greedo contient un plan supplémentaire, au sein duquel l’alien lance un mot étrange («maclunkey»?) avant de succomber.

Découvrez ci-dessous la scène modifiée en mode «maclunkey»: