FRANCE

VIDÉOS | Un «gilet jaune» pacifiste perd son oeil: «Il y a déjà eu tellement de blessés inutiles»

VIDÉOS | Un «gilet jaune» pacifiste perd son oeil: «Il y a déjà eu tellement de blessés inutiles»

«Manu», un «gilet jaune» de Valenciennes, a perdu son œil gauche après avoir été touché par un projectile durant la manifestation parisienne de samedi, a confirmé son épouse. Twitter - France Télévisions

Un an après le début du mouvement des «gilets jaunes», Manu, un manifestant valenciennois touché samedi par un tir de grenade, a perdu son œil gauche. «On ne va pas laisser passer ça», promet sa compagne.

Alors qu’il discute à l’écart du chaos avec d’autres manifestants, à proximité du centre commercial Italie 2, un «gilet jaune» est violemment touché à l’œil gauche par une grenade lacrymogène. Sur place, des manifestants et des «street medics» le mettent aussitôt à l’abri alors qu’il se tient le visage.

Depuis le début de la semaine, les images de ce quadragénaire valenciennois gravement blessé durant la manifestation parisienne de samedi, font le tour des réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, son épouse Séverine confirme les craintes formulées: «Manu» a définitivement perdu l’usage de son œil gauche malgré une intervention chirurgicale.

«Le globe a été coupé à cause de la violence de l’impact, explique la compagne du «gilet jaune» au micro de France Télévisions. Les os sont fracassés, du coup, ça ne tient plus le globe oculaire. Il a maintenant l’oeil bandé. Par la suite, il devra sûrement mettre une prothèse. Il souffre beaucoup…»

Bien qu’il soit «choqué», l’intérimaire dans l’industrie automobile «garde quand même son calme», poursuit sa femme: «Il garde la rage à l’intérieur de lui. Il en veut au gouvernement, aux CRS, à tout ce qui a fait qu’il a été visé alors qu’il était tranquillement en train de parler, pacifiste comme nous le sommes depuis le début du mouvement.»

2.500 «gilets jaunes» blessés en un an

En un an, quelque 2.500 blessés ont été recensés parmi les manifestants et environ 1.800 dans les rangs des forces de l’ordre.

Selon le décompte du journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début de ce mouvement inédit de contestation sociale.

En proie à de nombreuses questions - «C’était un tir droit alors que c’est censé être des tirs cloche pour exploser avant de retomber. Pourquoi à hauteur d’homme? On ne comprend pas.» - «Manu» et ses proches ne comptent pas en rester là.

«On va évidemment porter plainte, assure Séverine devant la caméra de France Télévisions. On ne va pas laisser passer ça. Il y a déjà eu énormément de blessés inutiles. À chaque fois, c’est tombé dans les oubliettes. Mais là, vous avez vu la vidéo! On ressent ça comme une grande injustice.»

Plus tôt dans la semaine, le préfet de police a assuré qu’il comptait saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) «à la demande du ministre de l’Intérieur». De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour «violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours» et confié les investigations à l’IGPN.