TC Charleroi - Cinq ans de prison ferme pour coups et blessures ayant entrainé la mort

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné lundi A. K. à une peine de 5 ans de prison ferme avec arrestation immédiate. Le prévenu était poursuivi pour avoir tiré un coup de feu dans la cuisse de L. H., dans un café de Charleroi. Le père du prévenu, également poursuivi pour avoir fourni l'arme à son fils, écope de 6 mois de prison ferme. La victime avait succombé à ses blessures quelques minutes après le tir. Le ministère public avait requis la peine maximale pour une scène de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner.

Le 1er octobre 2016, L. H., 34 ans, se trouvait avec des amis dans le café de A. K., situé dans le centre-ville de Charleroi. Il était 08h15 du matin quand une dispute éclata entre les deux hommes. Lors de la rixe, le prévenu a dégainé son pistolet et tiré à une reprise, touchant la victime à la cuisse. Il a tenté de tirer une seconde fois, sans succès. Touchée, la victime est parvenue à sortir du café en boitant, avant de s'effondrer quelques mètres plus loin, sur le trottoir. Malgré l'arrivée des secours, le jeune homme a succombé à ses blessures. La balle avait touché une artère, provoquant une importante hémorragie.

Me Nebili Semichi, qui représentait la famille du défunt, souhaitait voir les faits requalifiés en meurtre. Mais le visionnage, durant l'audience, des images de trois caméras de surveillance présentes à l'intérieur du café, n'avait pas fait changer d'avis le parquet, qui retenait la prévention initiale de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner.

Selon le substitut Emmanuel Verbrigghe, il y avait des éléments pour retenir le meurtre, mais également pour confirmer l'absence d'intention de donner la mort. "Le prévenu n'a pas poursuivi la victime à l'extérieur et n'a jamais visé le haut du corps lors de ses deux tirs." Le ministère public avait requis la peine maximale.

L'auteur du coup de feu fatal à la victime et son père, également poursuivi pour avoir donné l'arme à son fils, étaient absents à l'audience.