BERLOZ

Trois roquettes américaines retrouvées dans un champ

Samedi, en labourant son champ, un agriculteur a déterré une roquette. Le service de déminage est intervenu sur place et a trouvé deux autres roquettes américaines datant de la Seconde Guerre mondiale.

La première trouvaille remonte à samedi soir. En retournant son champ rue de Hollogne-sur-Geer à Rosoux (Berloz), un agriculteur a déterré avec sa charrue une pièce métallique. Pensant qu’il s’agissait d’une bonbonne, il a stoppé son travail. «Comme il faisait déjà assez sombre, il a arrêté et est revenu voir le lendemain, explique la bourgmestre Béatrice Moureau. Ce n’est que dimanche qu’il a constaté qu’il s’agissait d’une munition.»

La police et la bourgmestre se sont rendues sur place. Pour éviter tout danger, un périmètre de sécurité a été délimité autour de la roquette. «Et la police est restée sur place le temps que le service de déminage de l’armée vienne sur place», ajoute la bourgmestre.

Ce n’est que dimanche après-midi que les démineurs sont intervenus pour emporter la munition. «Ils nous ont expliqué qu’il s’agissait d’une roquette d’avion américain qui avait été entreposée là à la fin de la guerre en non larguée par les avions. Comme ce genre de roquette allait généralement par série de trois, les démineurs ont cherché aux alentours à l’aide de détecteurs de métaux.» Et effectivement, deux autres roquettes du même type ont été trouvées plus en profondeur.

En fin d’après-midi, les démineurs sont repartis avec les roquettes et tout rentrait dans l’ordre.

 

Un dépôt  de munitions ?

Comment expliquer la présence de ces trois roquettes à cet endroit-là ? Restes d’un crash, d’un aérodrome temporaire, d’un dépôt de munitions ? Pas simple de faire la lumière.

Les roquettes en question sont de fabrication américaine. Elles étaient installées sous les ailes de chasseurs bombardiers, probablement des P 47 Thunderbolt. Vers la fin de la guerre, lors d’attaques au sol, elles servaient à détruire des chars ennemis ou des convois, des trains…

D’après les spécialistes et historiens locaux consultés, il n’y a pas eu de crash de tels appareils dans la région. Certains évoquent la possibilité qu’un aérodrome de campagne se soit brièvement installé à cet endroit pendant la guerre. Les alliés utilisaient en effet des petits aérodromes improvisés au fur et à mesure de leur avancée. Le plus probable, c’est qu’il s’agisse de roquettes qui proviendraient d’un dépôt de munition installé dans la région. Dans son excellent ouvrage sur la Seconde Guerre mondiale dans nos régions, l’historien faimois Hubert Laby notait qu’un énorme dépôt de munitions était en effet installé par les Américains en septembre 1944. Il s’étendait d’Oreye à Hannut en passant par Waremme. Et donc sans doute aussi Rosoux. Les endroits de stockage étaient généralement choisis le long des routes de campagnes. Il est donc possible, sans pouvoir le vérifier, que ces trois roquettes provenaient d’un tel dépôt.