BELGIQUE

«Il y a des droits qui ne valent pas seulement pour les citoyens»: un Te Deum sous le signe de l’entraide et du vivre ensemble

Te Deum: le chef de l’État n’étant jamais présent à cette cérémonie, la famille royale était représentée par Albert et Paola ainsi que par le prince Lorenz. La princesse Astrid était absente.

Le roi Albert, la reine Paola et le prince Lorenz ont assisté ce vendredi matin, en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, au traditionnel Te Deum à l’occasion de la Fête du roi. Sous un froid piquant, ils ont ensuite pris un bain de foule, organisé cette année directement au-dessus des marches menant à la cathédrale. Dans son homélie, l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel a évoqué la pauvreté et la cohabitation, deux «grands défis de notre temps», avec le climat.

Le chef de l’État n’étant jamais présent à cette cérémonie, la famille royale était représentée par les anciens souverains Albert et Paola ainsi que par le prince Lorenz. Son épouse, la princesse Astrid, était absente en raison de la mission économique qu’elle emmènera en Chine samedi.

En écho à une lettre de Saint-Jacques, lue lors de l’office, Mgr De Kesel a abordé «le scandale de la pauvreté». «Une pauvreté croissante, même dans les pays qui jusqu’à présent étaient parmi les plus riches, y compris ici.»

«Il y a des droits qui ne valent pas seulement pour les citoyens»

Un autre défi est de garder le cap vers une société inclusive, où prime le vivre ensemble, a-t-il prôné. «Il y a des droits qui ne valent pas seulement pour les citoyens mais aussi pour chaque être humain, également pour ceux qui sont chez nous mais ne sont pas citoyens.»

Beaucoup de gens ont le sentiment «de ne pas compter», «le sentiment de ne pas être aimés, ce qui les pousse à taire leurs origines», a poursuivi le primat de Belgique citant le livre de Mohamed El Bachiri, qui a perdu sa femme lors des attentats de Bruxelles. «Il y a trente ans, le mur de Berlin est tombé. Les murs qui nous séparent peuvent être démolis», a soutenu l’archevêque de Malines-Bruxelles, faisant référence au 30e anniversaire de la chute du mur. Il a ensuite mentionné les craintes liées au climat.

«Faire en sorte que personne ne reste sur le bord du chemin»

En guise de conclusion, le cardinal a plaidé pour le maintien du système de sécurité sociale, véritable «tampon contre la pauvreté et barrage contre l’inégalité. Parce que cela reste notre tâche: faire en sorte que personne ne reste sur le bord du chemin».

Les représentants des cultes religieux ont aussi assisté au Te Deum, ainsi que plusieurs personnalités politiques, telles que la Première ministre Sophie Wilmès, les ministres fédéraux Didier Reynders, Koen Geens, Marie Christine Marghem et Pieter De Crem, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet, et le ministre d’État Herman De Croo.

L’office religieux était suivi à 11h00 d’une séance académique dans l’hémicycle de la Chambre. La Fête du Roi est placée cette année sous le signe des princes héritiers.