JUDICIAIRE

Sept anciens membres du CA de Publifin s’expriment devant la justice

Sept anciens membres du CA de Publifin s’expriment devant la justice

«Nous croyions légitimement que les objectifs des comités de secteur étaient rencontrés», explique Georges Pire. Reporters/GYS

Le tribunal correctionnel de Liège a ouvert le procès de huit anciens membres du conseil d’administration de Publifin, poursuivis pour prise d’intérêt et détournement commis par une personne exerçant une fonction publique.

Georges Pire, André Denis, Jean-Marie Gillon, Robert Botterman, Pol Guillaume, Pierre Stassart et Catherine Maas ont eu l’occasion de s’exprimer jeudi sur le scandale Publifin qui avait éclaté en 2016. Serge Manzato était lui représenté par son avocat.

En 2016, on découvrait que les membres des comités de secteur de l’intercommunale Publifin étaient rémunérés pour des réunions auxquelles ils ne participaient pas ou peu.

Les prévenus n’ont pas fait partie de ces comités de secteur mais en tant qu’administrateurs de Publifin, ils ont autorisé la création de ces secteurs. Le parquet général leur reproche la désignation, en 2013, des membres de ces comités et leur rémunération. Il leur reproche en outre le maintien de ces comités en 2015 alors que selon lui, un décret leur intimait leur disparition.

Une nébuleuse

Le tribunal s’est penché sur les détails techniques, se plongeant dans cette nébuleuse, désirant savoir comment ces comités avaient été créés et si les administrateurs étaient au courant des rémunérations des membres. Les versions ont divergé tout du long, certains affirmant que les rémunérations n’ont jamais été abordées, d’autres qu’elles ont été présentées et approuvées.

Tous ont toutefois admis qu’ils avaient fait «trop confiance» et qu’ils auraient dû mieux surveiller le fonctionnement de ces comités, même si cela n’entrait pas dans leurs attributions. «C’était au management et aux présidents des comités de (les) suivre et (les) surveiller», a déclaré Georges Pire. «Nous croyions légitimement que les objectifs des comités de secteur étaient rencontrés.»

La création des comités en tant que telle n’a suscité la méfiance de personne, «cela semblait logique dans la suite de la fusion entre l’ALE (Association liégeoise d’électricité, NLDR) et de l’ALG (Association liégeoise du gaz, NDLR)», qui s’était bien déroulée grâce à la création d’un comité de secteur.

«Pas le choix»

Les débats se sont poursuivis sur le maintien des comités de secteur en 2015 alors qu’ils auraient dû, selon le parquet général, disparaître. Lors de leur création en 2013, il était établi que ces comités consultatifs seraient supprimés en juin 2015. Leur disparition a été actée lors d’une assemblée générale mais en juillet 2015, un décret a prolongé la vie de ces comités de secteur «instituant que le statut de l’intercommunale au 1er janvier 2015 s’appliquait», a expliqué Pierre Stassart. «Les comités étaient donc de retour.»

Pour Pol Guillaume, Publifin s’est limité à appliquer une décision venant de la Région wallonne et n’avait «pas le choix».

Les débats se sont clos avec l’intervention des prévenus, exprimant tous avec beaucoup d’émotion leurs difficultés à vivre ce scandale depuis trois ans, sous pression médiatique.

Le procès se poursuivra le 21 novembre, avec le réquisitoire du ministère public.