BELGIQUE

Les administrateurs d’Enodia pestent: «Comme d’habitude, nous sommes les derniers au courant»

Les administrateurs d’Enodia pestent: «Comme d’habitude, nous sommes les derniers au courant»

Fabian Culot regrette la manière dont se déroulent les événements: «Le climat est à l’exaspération à son stade le plus élevé». BELGA

Le conseil d’administration d’Enodia (ex-Publifin) se réunit jeudi à Liège depuis 14h00 et les administrateurs sont arrivés plutôt exaspérés.

Le motif de leur ire: que le rapport sur les indemnités de sortie de l’ancien management de Nethys ait d’abord été transmis au gouvernement wallon et que la presse révèle le montant de ces indemnités avant même qu’ils n’en soient informés.

«Le climat est à l’exaspération à son stade le plus élevé», s’est exclamé Fabian Culot, administrateur MR. «Comme d’habitude, nous sommes les derniers au courant», a abondé Julien Vandeburie (Écolo).

La colère des administrateurs d’Enodia tient aux révélations dans la presse des indemnités de sortie qui auraient été accordées à quatre anciens managers de Nethys (Stéphane Moreau, Pol Heyse, Bénédicte Bayer et Diego Aquilina).

Logique inversée

Un rapport doit leur être présenté jeudi après-midi, détaillant les montants, les bénéficiaires, si les compensations ont été payées et qui a pris ces décisions. Ce rapport a été transmis mercredi au gouvernement wallon, une logique inversée, a estimé Muriel Gerkens, administratrice Écolo. «Nous aurions dû recevoir le rapport avant et le CA l’aurait envoyé au ministre», a-t-elle déploré.

Elle salue les décisions prises par la tutelle mais considère que le conseil d’administration aurait dû être en possession de ces informations et être en mesure de prendre des actions. «Il y a une logique et une colonne vertébrale du mode de fonctionnement à reconstruire.»

Sur les indemnités, qui s’élèveraient à plusieurs millions, M. Vandeburie dénonce des sommes «scandaleuses, inimaginables. Cela dépasse l’entendement». «Hors de toute proportion», a renchéri M. Culot. «Pas normal, pas juste, pas éthique et à mon sens pas légal», a abondé Mme Gerkens.

Les deux administrateurs Écolo n’ont qu’un objectif: récupérer les sommes qui auraient déjà été versées. Muriel Gerkens plaide pour l’entame d’une action en justice.

Un autre point important à l’ordre du jour du CA d’Enodia: la désignation d’une nouvelle présidence. Muriel Targnion (PS) a démissionné depuis un mois et son poste reste vacant. Selon Le Soir, le poste devrait échoir à Julie Fernandez Fernandez (PS). Une décision qui irrite Fabian Culot qui déplore le manque de concertation du PS pour la désignation à cette fonction importante. Il estime en outre que la présidence aurait dû revenir à quelqu’un qui est déjà administrateur, vu la complexité des dossiers.

Si Muriel Gerkens semble satisfaite du nom choisi, elle considère toutefois que la procédure va trop vite. «Nous allons d’abord nommer la nouvelle administratrice et puis j’espère que nous aurons une discussion sur la présidence», a-t-elle lancé, ajoutant qu’elle aurait préféré un échange plutôt qu’une annonce, une fois encore, dans la presse.