TOURNAI

Le Tournai d’avant: 1610, le premier livre tournaisien

Avec les Casterman, Desclée et bien d’autres, Tournai s’est forgée une solide réputation dans le domaine de l’imprimerie. Pourtant, elle ne fut guère à l’avant-garde de cette industrie!

Laquelle est due à Johannes Gutenberg (vers 1400 - 1468) qui eut le mérite, en plus d’innovations, qualité du papier, de l’encre d’imprimerie, de la presse asiatique, de créer des caractères mobiles et fiables, en un alliage de plomb, d’antimoine et d’étain.

La révolution du savoir est en marche: s’il faut trois ans à un copiste pour achever la bible selon Saint-Jérôme,. 180 exemplaires de 1452 à 1455, de cette bible dite à 42 lignes sont imprimés avec une beauté exceptionnelle. Le savoir à la portée de tous? Et à Tournai?

Libraires et imprimeurs

La date de l’Introduction de l’imprimerie à Tournai est née de certains marchands se disant «imprimeurs» alors qu’ils ne sont que «libraires» et font imprimer ailleurs, tels Jean de la Forge demeurant «près de l’église Notre-Dame», Jean Laurent, Denis Durieu ou Nicolas Laurent qui, à l’enseigne de la Bible d’Or, possède une imprimerie avant 1610 «mais avec si peu d’adresse que personne ne daignait l’employer».

La stérilité de l’imprimerie au XVIe, hormis souvenirs et livrets, s’explique par les décennies de troubles religieux de l’époque et l’exil de nombreux artisans

Les documents relatent cependant en 1610 la requête aux Consaux de Charles Boscard, imprimeur à Douai, demandant «qu’il lui soit donné quelques courtoisies et advanchement annuel pour s’acheminer vers Messeigneurs, résider en ceste ville et y exercher l’art de l’imprimerie». Malgré cent florins, Boscard ne vint pas.

Le registre des résolutions du magistrat au 17 février 1609 ouvre la voie car: «de la requête de Joseph Du Hamel, bourgeois imprimeur de la ville et université de Douay, il s’est offert (.) de résider en cette ville et d’y exercer son art, moiennant lui fournir promptement 200 florins (.).. Les Consaux ne lui accordèrent que «les mesmes devises et accords naghuaires (naguère) accordés à Boscard» L’artisan se résigna..

Enfin un vrai imprimeur, qui s’associe avec Charles Martin, demeurant tous deux à la rue de la Thure, à l’enseigne du Saint-Esprit. Le duo sut acquérir les bonnes grâces des dirigeants et s’en virent récompensés.

Le voici

En 1610, à Tournay, de l’imprimerie de Joseph Du Hamel et Charles Martin sort un petit in-12 de 8 feuillets pour titre et de 381 pages suivies de 9 feuillets pour privilège et table, c’est «la vie du bienheureux Jean de Sahagoune, de l’ordre des ermites de Saint-Augustin, patron de la célèbre ville et université de Salamane (Salamanque), béatifié par Sa Sainteté le Pape Clément VIII.

L’auteur est F. George Maigret, Docteur Théologien en l’université de Louvain et Prieur des Frères Ermites Augustiniains en Tournay.

En 1810, il n’y avait encore que cinq imprimeurs à Tournai mais dix en fin du XIXe e avec des noms qui ont fait date. Avant de disparaître.