SOCIÉTÉ

1€ symbolique contre la promesse de mettre fin au sans-abrisme

1€ symbolique contre la promesse de mettre fin au sans-abrisme

La (possible) fin du sans-abrisme suppose de privilégier moins l’urgence que la prévention et le relogement, rappelle le mouvement «Droit à un toit». ÉdA Mathieu Golinvaux

Le plan hiver démarre à Bruxelles. Le mouvement «Droit à un toit» a fomenté un «chantage de choix» en vue d’obtenir une promesse de «Bruss’Help», l’organisme de coordination des services d’aide aux sans-abri en région bruxelloise.

Alors que le plan hiver est lancé, ou à tout le moins sur le point de l’être, en région bruxelloise, le mouvement «Droit à un toit» a tenu à marquer le coup en vue de «rappeler, aux autorités bruxelloises en général et à la nouvelle agence Bruss’Help en particulier, que la (possible) fin du sans-abrisme suppose de privilégier moins l’urgence que la prévention et le relogement».

Comment? En fomentant ce qui est décrit comme un «chantage de choix», en vue d’obtenir «la promesse d’œuvrer en ce sens» de Bruss’Help, l’organisme de coordination des services d’aide aux sans-abri en région bruxelloise. Pour ce faire, ledit mouvement a symboliquement acquis la propriété des noms de domaine brusshelp.be et brusshelp.brussels.

Le visuel (voir en bas de l’article), qui a été envoyé hier soir aux membres du conseil d’administration de Bruss’Help, «officialise la possible rétrocession de cette propriété contre le versement d’un euro symbolique sur le compte bancaire Droit à un toit/Recht op een dak».

«Promis, cet euro versé nous engage», assure le mouvement, en communication du virement.

«Une manière un peu provocatrice» de répéter que le sans-abrisme «n’est pas une fatalité»

«Pour nous, c’est une manière un peu provocatrice de répéter nos axes de travail: prévention et relogement. Le sans-abrisme n’est pas une fatalité, la Finlande le prouve. C’est un choix de société», estime Laurent d’Urcel, cofondateur de l’ASBL DoucheFLUX, une des nombreuses associations du mouvement Droit à un toit.

«Il faut faire face à l’urgence mais parallèlement, il faut mettre le paquet sur la prévention, pour éviter que les gens tombent à la rue, et sur le relogement immédiat. Cela suppose une révolution», poursuit Laurent d’Urcel, pas peu fier de l’effet produit par leur chantage symbolique.

«Une personne du CA a exprimé sa surprise, visiblement un euphémisme pour dire son choc», sourit-il. «On va désormais attendre le versement. Si ça a lieu, ce sera symboliquement magnifique car ça voudra dire que Bruss’Help accepte de privilégier la prévention et le relogement.»

Plan hiver: jusqu’à 1.200 places, le centre Poincaré ouvrira demain… en attendant la rue Royale

Le plan hiver bruxellois est donc dans les starting-blocks. On s’était posé cette question, il y a moins de deux mois: « Sans-abri : comment est-il possible que le Samusocial doive « pleurer » pour avoir des bâtiments supplémentaires ? ».

Le dispositif d’urgence pour personnes sans-abri avait lancé un appel à l’aide urgent. Le directeur du Samusocial, Sébastien Roy, nous précisait: «Globalement, on a besoin de plus en plus de places, on veut tourner autour de 800 places d’accueil disponibles. C’est autant que l’année passée, mais c’est davantage que les hivers précédents. On a très peu de réponses des communes, ce qui donne une idée (NDLR: du manque de volonté au niveau communal). La Région est très volontariste, mais n’a pas tellement de bâtiments.»

L’hiver dernier, le Samusocial a accueilli plus de 6.800 personnes différentes

Lorsque Sébastien Roy nous avait accordé cette interview, le 19 septembre dernier, l’ouverture du centre Poincaré – jusqu’à 250 places dont 140 hivernales – n’était pas acquise, car suspendue à l’autorisation des pompiers et à celle de la commune. C’est désormais le cas. Au terme «d’un programme de désinfestation approfondi», ledit centre ouvrira ses portes ce vendredi.

Quant au bâtiment de la rue Royale, qui nous avait pourtant été présenté comme ne remplissant plus les conditions minimales requises, il est désormais à nouveau considéré comme opérationnel mais sera ouvert dans un deuxième temps. «Il nécessite en effet des travaux afin de permettre un accueil de 300 hommes seuls dans les meilleures conditions possibles compte tenu de la configuration de l’immeuble», précise-t-on. Et d’ajouter: «La difficulté croissante de trouver des bâtiments et des infrastructures adéquates contraint en effet souvent le Samusocial à organiser l’accueil des personnes sans abri dans des conditions d’hébergement qui ne sont pas toujours optimales.»

L’hiver dernier, le Samusocial a accueilli plus de 6.800 personnes différentes, pour plus de 203.000 nuitées.

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