La reine Mathilde était présente au premier congrès de la Chaire internationale Mekwege

La reine Mathilde et le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, ont assisté mercredi à Liège à la cérémonie d'ouverture du premier congrès de la chaire internationale Mukwege. L'évènement a lieu du 13 au 15 novembre à l'université de Liège, sur le thème "La violence faite aux femmes et aux filles dans les confits".

Les différentes conférences s'articuleront autour de 4 piliers: prise en charge médicale, prise en charge psychologique, réinsertion socio-économique et enfin, prise en charge juridique.

Cette Chaire créée en septembre 2018 à l'initiative du professeure émérite Véronique De Keyser, vise à développer les recherches interdisciplinaires dans le domaine des violences sexuelles. Il s'agit donc d'un réseau international de recherche sur ce domaine, qui permet de développer des compétences transversales, pour à terme, mieux appréhender la prévention et le suivi de femmes victimes de telles violences.

Pour le Dr Mekwege, les violences qui leur sont faites, sont des armes de guerre dans les pays en conflit. Il faut assurer à ces femmes un suivi médical, psychologique, socio-économique et juridique. C'est là que la Chaire intervient, puisque les choses sont actuellement faites de telle sorte que les victimes de violences sexuelles ne retrouvent jamais une vie "normale".

Françoise Tulkens, ancienne magistrate de la cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg a quant à elle expliqué que si des lois existaient pour ce type de situation, "on ne change pas une société par des décrets". Il faut également développer d'autres matières qui permettent de soutenir ces femmes.

Véronique De Keyser, ex-députée européenne et présidente de l'ASBL "Les enfants de Panzi et d'Ailleurs", a eue l'idée de créer cette Chaire en 2015 lorsqu'elle s'est rendue à l'hôpital de Panzi pour observer le travail du Dr Mekwege. Elle a alors assisté à l'opération d'un bébé de 8 mois qui avait été victime de violences sexuelles. Le docteur a ensuite demandé à Véronique De Keyser, psychologue de formation quels souvenirs allait avoir le bébé de cette expérience en grandissant. Question à laquelle la professeure émérite de l'université de Liège n'a pu donner de réponse. C'est ainsi qu'est née l'idée de la Chaire, un moyen de mieux connaître les conséquences, mieux prévenir le phénomène et mieux le guérir.