BELGIQUE

Formation fédérale: «Des points de convergence se dégagent» selon Magnette

Formation fédérale: «Des points de convergence se dégagent» selon Magnette

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Le président du PS, Paul Magnette a été désigné informateur royal mardi dernier. Il faisait le point avec la presse ce lundi à 15h au Parlement.

L’informateur royal Paul Magnette va soumettre des notes écrites aux dix partis impliqués dans les discussions en vue de la formation d’un exécutif fédéral. Ces textes porteront sur les priorités identifiées par l’informateur avec les formations politiques et les moyens éventuels de les atteindre. La dimension institutionnelle ne constituera pas une thématique à part entière, mais sera abordée de manière transversale.

«Je peux affirmer que certains points de convergence se dégagent», a indiqué lundi M. Magnette lors d’une conférence de presse à la Chambre, après avoir consulté dans une «excellente ambiance de travail» les précédents informateurs, Johan Vande Lanotte (sp.a) et Didier Reynders (MR), ainsi que les partis «disponibles» pour former un gouvernement.

Lors de ses entretiens, l’informateur a cherché à identifier avec les partis les «enjeux prioritaires» pour les citoyens. «On commence par le début en posant un diagnostic avant d’envisager les questions de coalition», a-t-il détaillé devant la presse.

Un consensus clair entre les formations quant à la nécessité d’améliorer le taux d’emploi a pu être identifié, a souligné l’informateur. «Les recettes pour y parvenir ne sont pas les mêmes d’un parti à l’autre, mais elles peuvent être complémentaires plutôt que contradictoires», a-t-il poursuivi.

Des thématiques prioritaires

Dans le cadre de sa mission, M. Magnette a identifié quatre autres thématiques prioritaires: la transition climatique, la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté, la justice et la sécurité et enfin la politique migratoire.

Parallèlement à la recherche de convergences sur ces thématiques, l’informateur va mener une réflexion sur les moyens budgétaires, et ce, alors que la Commission européenne a récemment prédit un déficit public belge en forte augmentation dans les trois prochaines années, plongeant – à politique inchangée – à 1,7% cette année, 2,3% en 2020 et 2,6% en 2021.

Dans le cadre de cette réflexion, M. Magnette rencontrera cette semaine le commissaire européen Pierre Moscovici, avec lequel il entend s’entretenir des éventuelles évolutions des règles budgétaires européennes.

Outre l’identification de thématiques et la réflexion budgétaire, l’informateur a précisé que la dimension institutionnelle ne constituera pas une thématique à part entière des discussions, mais qu’elle sera examinée «sereinement» et de manière transversale.

Un rôle d’information et non de préformation

Les notes écrites élaborées par M. Magnette vont désormais être transmises aux formations politiques. Celles-ci seront constituées de trois parties. La première comprendra des données chiffrées, «des chiffres et des faits objectifs», afin d’éviter des blocages «idéologiques» ou des prises de positions «fantaisistes».

La deuxième partie de la note portera sur les objectifs à atteindre, tandis que la troisième se focalisera sur les moyens pour ce faire.

Ces notes devront permettre de mieux percevoir l’adhésion des partis aux différentes propositions, a précisé l’informateur.

M. Magnette, qui s’est dit disponible pour poursuivre sa mission au-delà du 18 novembre si des progrès suffisants sont réalisés et que le Roi lui en fait la demande, a par contre refusé d’exprimer sa préférence pour une future coalition. «J’ai été chargé d’une mission d’information, pas de préformation. Je travaille sur les priorités», a-t-il affirmé.

Sur les dix partis consultés depuis jeudi, neuf se sont dits prêts à monter dans un gouvernement, tandis qu’une formation a exprimé sa disponibilité à un soutien depuis l’extérieur.

L’informateur n’a toutefois pas mentionné explicitement le parti qui ne souhaiterait pas prendre part à un gouvernement. Ces derniers jours, le cdH – cinq sièges à la Chambre – avait mentionné qu’il était prêt à jouer un rôle pour favoriser une sortie de crise, tandis que DéFI – qui ne dispose que de deux sièges au Parlement – n’avait pas exclu un soutien de l’intérieur ou de l’extérieur.