LIÈGE

Scandale raciste à la Médiacité: la manager de JD Sports «a quitté l’entreprise»

Scandale raciste à la Médiacité: la manager de JD Sports «a quitté l’entreprise»

Dans un communiqué succinct, JD Sports explique, entre les lignes, avoir mis fin à sa collaboration avec la manager liégeoise. Instagram

L’affaire de racisme ordinaire qui secoue la Médiacité de Liège aurait-elle trouvé son épilogue? Avec son dernier communiqué, la chaîne anglaise tente, en tout cas, de calmer les esprits.

Alors qu’elle refusait de s’exprimer depuis dimanche et la diffusion d’une vidéo où la manager de son enseigne liégeoise reconnaissait avoir traité ses employés noirs de «macaques» - «mais pas de Bamboula» (sic) - la marque JD Sports vient de sortir du bois.

Dans un communiqué succinct diffusé ce mercredi soir, la marque sportive explique, entre les lignes, avoir mis fin à sa collaboration avec la manager liégeoise.

«Nous ne saurions tolérer aucune discrimination quelle qu’elle soit. Nos recherches ont à présent abouti et le/la manager concerné(e) a quitté l’entreprise», peut-on lire sur les réseaux sociaux de JD Sports, qui refuse d’apporter plus de précisions.

Malgré sa prise de position, le communiqué de JD Sports n’a toutefois pas encore suffi à calmer les esprits des internautes.

Ce jeudi, la Médiacité précise quelque peu la situation grâce aux explications reçues de la part de la marque anglaise. Des explications que le centre commercial liégeois a partagées sur les réseaux sociaux.

«Nous avons été informés lundi après-midi qu’une manager de notre magasin situé dans le centre commercial Médiacité aurait tenu des propos discriminatoires à l’égard des membres de son équipe, a ainsi relayé Médiacité. Nous prenons très au sérieux toute allégation de cette nature et avons pris des mesures rapides et adéquates afin de faire toute la lumière sur les événements. Nous avons décidé du licenciement avec effet immédiat de la manager concernée. Nous sommes fiers d’être une entreprise multiculturelle et multiconfessionnelle.»

Devenue virale sur les réseaux sociaux, la vidéo des aveux de la manager liégeoise avait fait scandale. Dans la foulée, certains internautes, en colère, ont même pillé un magasin JD Sports à Bruxelles, lundi soir.

Ce mardi en fin de journée, cinq individus se sont introduits dans le magasin JD Sports situé place Saint-Lambert à Liège. Encagoulés, ils se sont dirigés vers le fond du magasin, ont dérobé un certain nombre de pièces, avant de s’enfuir avec leur butin. «Certains employés ont tenté de s’interposer, mais personne n’a été blessé. Aucun dégât n’est à constater, seules quelques étagères ont été bousculées», a indiqué le porte-parole de la zone de police de Liège.

À Liège, afin de renforcer la sécurité aux abords des magasins, la police a mis sur pied des patrouilles en civil et en uniforme. La chaîne a également renforcé son gardiennage privé.

Un PV rédigé

Unia et le parquet de Liège ont ouvert chacun un dossier pour des propos racistes tenus par le manager du magasin de la chaîne JD Sports situé au Médiacité.

«La brigade judiciaire a rédigé un PV pour incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe ou d’une communauté (racisme et xénophobie), à charge de la gérante de JD Sports dont les propos ont inondé les réseaux sociaux», indique le porte-parole de la police de Liège. Le parquet de Liège a de son côté ouvert un dossier et prend cette affaire «très au sérieux», a indiqué Catherine Collignon, la magistrate presse.

Du côté d’Unia, le service public interfédéral expert en politique d’égalité et de non-discrimination, dit avoir reçu plusieurs signalements, mais aucun provenant d’une personne directement visée par les propos. Le porte-parole d’Unia précise qu’il s’agit d’une situation courante: «souvent, les victimes prennent d’abord contact avec leur syndicat avant de se tourner vers un institut comme le nôtre». Malgré cela, un dossier a été ouvert et transmit à un expert. «Dans ce type de situation, nous prenons contact avec l’entreprise afin d’obtenir la version de chaque partie. Ensuite, nous nous assurons que le dommage causé soit réparé et que des dispositions soient prises afin qu’une telle situation ne se reproduise plus. C’est seulement si le dialogue n’aboutit pas, que l’on se tourne vers la justice et à ce moment, les peines encourues peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison.»