POLITIQUE

La méthode Paul Magnette: d’abord la question du contenu avant les partis

La méthode Paul Magnette: d’abord la question du contenu avant les partis

Paul Magnette a tenu une conférence de presse pour préciser sa méthode. Photo News

L’informateur désigné par le roi, Paul Magnette, change de méthode, a-t-il indiqué jeudi.

Au lieu de poser la question de savoir quels partis doivent s’asseoir autour de la table, il veut en premier lieu aborder les questions de contenu et les priorités de chaque parti et voir ensuite quelles sont les convergences possibles. D’ici samedi soir, il rencontrera non seulement les huit partis jusqu’ici impliqués dans le processus de formation d’un gouvernement fédéral – le PS, la N-VA, le MR, le CD&V, l’Open Vld, Écolo, Groen et le sp.a- mais aussi le cdH et DéFI, soit les «partis disponibles pour la formation d’un gouvernement».

«Si on recommence le jeu d’essayer de d’abord définir quels partis seront autour de la table, on ne va pas y arriver», a-t-il expliqué au cours d’une conférence de presse.

À partir des priorités des différents partis, l’informateur espère dégager des convergences sur 4 ou 5 points et non un nombre trop vaste de sujets et objectiver au maximum les mesures proposées en recourant aux différents instituts nationaux, dont le Bureau du Plan. Les réunions avec les partis seront d’abord bilatérales avant de rassembler éventuellement plusieurs partis.

Situation difficile

Un rapport au roi est prévu le 18 novembre. M. Magnette pourrait solliciter une prolongation de sa mission.

«Tout dépendra du résultat que l’on pourra atteindre. Si on doit constater que, le 18 novembre, on est dans l’impasse la plus totale, ça n’a pas beaucoup de sens de solliciter une prolongation. Si, en revanche, des signes montrent qu’il y a de réelles convergences et qu’il est possible de bâtir une majorité de 80-85 sièges autour de cinq ou six priorités, ça vaudra la peine de solliciter une prolongation», a-t-il fait remarquer.

La situation est «difficile», a-t-il reconnu. M. Magnette se donne d’ailleurs peu de chances de réussite: 2 ou 3 sur 10, a-t-il répondu aux journalistes, en citant Lao Tseu: «Celui qui n’essaie pas, ne se trompe qu’une fois».

«Prendre mes responsabilités»

La désignation du président du PS pour accomplir une mission d’information était inattendue. «J’ai décidé de prendre mes responsabilités. J’attends que chacun en fasse de même», a-t-il dit.

Fidèle à sa méthode, l’informateur ne s’est pas prononcé sur une préférence de coalition même si, lundi, en tant que dirigeant socialiste, il a clamé devant les caméras de télévision à quel point son parti et la N-VA étaient éloignés.

«J’ai toujours dit qu’entre le PS et la N-VA, ce serait très difficile mais je suis ici en tant qu’informateur pour trouver des convergences», a-t-il répété.

M. Magnette identifie déjà quelques priorités: une réponse à la crise sociale «qui est là autant en Wallonie, qu’à Bruxelles et en Flandre, la lutte contre le réchauffement climatique, la situation budgétaire et la relance de la croissance économique».

Une réforme de l’État n’en fait pas partie. «Si certains partis me disent que la priorité, c’est l’institutionnel, je verrai si c’est possible avec les autres partis», a dit M. Magnette.

DéFI et le cdH rejoignent la liste des partis consultés alors qu’ils en avaient été rapidement retirés en raison de leur volonté de ne pas rejoindre un gouvernement. M. Magnette a salué la prise de position rappelée par le président du cdH, Maxime Prévot, mardi soir selon laquelle les centristes étaient prêts à soutenir de l’extérieur des réformes «importantes».