BELGIQUE

Greenpeace envoie un huissier chez Zuhal Demir: «Exiger des astreintes ne rend pas l’air plus propre»

Greenpeace envoie un huissier chez Zuhal Demir: «Exiger des astreintes ne rend pas l’air plus propre»

La ministre flamande N-VA a réagi dans un communiqué cinglant. BELGA

Greenpeace a chargé un huissier de justice de se rendre mercredi au cabinet Zuhal Demir pour dénoncer la qualité de l’air en Flandre. La ministre flamande de l’Environnement a réagi dans un communiqué.

L’organisation dénonce le manque d’ambition du nouveau plan flamand relatif à la qualité de l’air ainsi que l’absence de réponses aux exigences imposées l’année dernière par la justice au gouvernement flamand.

Il y a deux ans, Greenpeace avait déjà intenté une action contre le gouvernement flamand en raison de l’air pollué, et en particulier le dépassement systématique des normes européennes en matière de dioxyde d’azote (NO2). Le tribunal s’était prononcé en faveur de l’ONG et avait déclaré qu’un nouveau plan relatif à la qualité de l’air devait être élaboré, et ce dans un délai d’un an à compter de la notification de l’arrêt du 6 novembre 2018.

Selon l’organisation, le plan proposé par le gouvernement flamand n’atteint pas cet objectif. «C’est un plan libre d’interprétation qui n’est pas contraignant. Il ne contient aucune garantie quant à l’amélioration de la qualité de l’air à court terme», explique Joeri Thijs, expert Qualité de l’air chez Greenpeace.

Selon l’association de défense de l’environnement, les mesures prévues dans le plan ne contiennent pas suffisamment de détails et ne comportent pas de délais précis. Il n’y a aucune mention de taxe kilométrique intelligente, les zones à très faibles émissions ne seront pas obligatoires et il n’y a pas de ligne claire concernant un parc automobile plus écologique.

L’huissier de justice rappellera au gouvernement flamand qu’il est soumis à une amende journalière tant que le plan ne répond pas aux exigences du jugement.

Prête à discuter, Zuhal Demir défend sa politique sur la qualité de l’air

«Exiger des astreintes du contribuable, cela ne rend pas l’air plus propre», a réagi mercredi dans un communiqué cinglant la ministre flamande N-VA en charge de l’Environnement, Zuhal Demir. La ministre nationaliste réagissait ainsi à l’annonce de l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace, qui a chargé un huissier de justice de se rendre mercredi à son cabinet pour lui rappeler un jugement rendu il y a un an et exigeant de la Région flamande un nouveau plan satisfaisant pour la qualité de l’air.

À la suite de l’action en cessation environnementale introduite par Greenpeace, un juge bruxellois avait ordonné à la Région flamande, en octobre 2018, de mettre au point dans l’année un nouveau plan visant la qualité de l’air sur tout le territoire de la Région. Ce plan devait être satisfaisant, de nature à éviter les dépassements des valeurs limites de concentration en dioxyde d’azote. Le juge avait en effet suivi les observations de Greenpeace, selon lesquelles les mesures précédentes n’étaient clairement pas suffisantes puisque les normes européennes en matière de dioxyde d’azote (NO2) étaient systématiquement dépassées partout en Flandre.

Le jugement était accompagné d’une astreinte de 1.000 euros par jour de retard, ce que Greenpeace comptait rappeler à la ministre mercredi.

Cette dernière se dit, en matinée, «prête à recevoir les experts de Greenpeace et à discuter (avec eux) de l’application du plan», mais défend en parallèle sa politique sur la qualité de l’air. Selon Zuhal Demir, le plan régional «qualité de l’air» discuté mardi en commission du parlement flamand est bien «satisfaisant» et suffisant par rapport aux exigences. Le plan «a été reçu de manière constructive par l’opposition, en commission», se défend la ministre. «Nous avons une base politique claire pour une prise en charge (de la qualité de l’air) d’ici à 2030, avec une étape intermédiaire en 2025.»

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