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Boom des indépendants? À nuancer...

Boom des indépendants? À nuancer...

En Belgique, le nombre d’indépendants à titre principal n’a pas tellement évolué en un an. Reporters

L’an dernier, 30% des indépendants complémentaires sont passés en activité principale, annonce Acerta. À relativiser, répond l’UCM.

«En 2018, près de 30% des indépendants à titre complémentaire ont décidé de passer en activité principale», soit le pourcentage le plus élevé de ces vingt dernières années, relevait, hier, l’entreprise de services RH Acerta dans sa dernière étude. Celle-ci se base sur les données de 140 000 indépendants à titre complémentaire en Belgique

Les raisons d’un tel engouement? «Il y a d’abord l’évolution de la législation: désormais, la situation des indépendants s’aligne de plus en plus sur celle des salariés. Je pense notamment aux allocations familiales ou encore à la sécurité sociale, plus favorable qu’avant», précise Nadine Morren, directrice du service à la clientèle chez Acerta. Le second argument correspond plutôt à un changement de mentalité, principalement chez les jeunes, qui n’idéalisent plus l’emploi salarié classique: «Aujourd’hui, l’objectif n’est plus de rester dans la même société le plus longtemps possible. Les jeunes souhaitent se développer individuellement, sans être tributaires des décisions d’un actionnaire, par exemple.»

Par ailleurs, les (très) jeunes travailleurs qui débutent une activité complémentaire deviendraient rapidement indépendants à titre principal. «On remarque en effet qu’en l’espace de 3-4 ans, le pas est franchi pour 40% des jeunes de moins de 20 ans.»

Une croissance relative

Les chiffres de l’étude attestent une évolution fulgurante, et un véritable retour de confiance à l’égard du statut d’indépendant.

L’Union des classes moyennes (UCM), tient toutefois à relativiser ces données optimistes. «Lorsqu’on se penche sur les chiffres de l’Inasti (NDLR: l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants), ce n’est pas vraiment ce qu’on constate, indique Clarisse Ramakers, directrice du service d’étude de l’UCM. S’il y avait autant d’indépendants complémentaires qui se lançaient ensuite à titre principal, on observerait, logiquement, une forte croissance du nombre d’indépendants à titre principal, entre 2017 et 2018.» Or, ce n’est manifestement pas le cas.

En 2018, la Belgique comptait en effet 734 170 indépendants à titre principal, contre 722 941 en 2017. Le calcul est vite fait: seules 11 0000 personnes sont devenues indépendantes à titre principal en l’espace d’un an. Sur les 259 000 indépendants complémentaires, c’est finalement assez peu...

Si le passage de l’activité secondaire au job rémunérateur est effectivement attesté, on est loin du ratio des 30%.