CHARLEROI LODELINSART

Bobby Böhmer, le Mozart du Mambourg, est décédé à 72 ans: à cause d’une agression?

Le joueur, qui a porté la vareuse du Sporting de Charleroi dans les années 70, a été victime de coups, samedi, au pied de son immeuble.

Gherard Böhmer, de son vrai nom, a évolué au Sporting de Charleroi entre 1970 et 1978. L’homme a, durant ces huit années, marqué de son empreinte l’esprit de bon nombre de supporters carolos. Surnommé le Mozart du Mambour, le septuagénaire est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’hôpital Marie Curie de Lodelinsart. Gil Zorzan et Yves Delprat, amis de longue date de l’ex-joueur, sont particulièrement émus et choqués par cette disparition. «Encore lundi, on jouait ensemble à la belote, en buvant quelques bières, explique Gil. Ensuite, son état de santé s’est vite détérioré.»

Une agression à l’origine du décès?

L’homme a été hospitalisé d’urgence jeudi matin à l’hôpital Marie Curie après avoir fait un premier arrêt cardiaque dans son appartement situé au troisième étage du second bloc d’appartements de la rue Terry Mouchon à Lodelinsart. «Il se trouvait dans le coma lorsque les secours sont intervenus. Il a encore été victime d’un second arrêt cardiaque plus tard», précise Gil Zorzan. Ce dernier se souvient des prestations du zèbre sur le terrain: «J’avais 11-12 ans lorsque je me rendais au stade afin de le voir. Il crochetait tout le monde sur son flanc gauche, il était vraiment un joueur exceptionnel. Il avait même tapé dans l’œil des dirigeants anderlechtois à l’époque. Il a entraîné mon fils durant quelques années et c’est comme ça que nous étions devenus amis.»

Selon les amis de Bobby, ce dernier est intervenu lors d’une altercation entre deux personnes, au pied de son immeuble samedi dernier: «Il a expliqué être intervenu sans réfléchir lors d’une dispute, et ensuite, il a reçu des coups de batte de baseball par l’agresseur. Lundi, il se portait bien même si on avait remarqué la présence de plusieurs bleus au niveau de ses bras surtout. Il était comme ça Bobby, prêt à intervenir et à venir en aide aux autres. Il avait la main sur le cœur. » Dès mardi, Bobby Böhmer appelle Yves Delprat, lui signalant avoir des douleurs. «Il m’a demandé de lui apporter des médicaments car il avait mal. Ensuite, tout s’est très vite accéléré avant son admission à l’hôpital», confirme Yves, ému aux larmes.

La famille de Bobby Böhmer a décidé de porter plainte à la police contre ce présumé agresseur, qui semble être bien connu du quartier, considéré comme un toxicomane. L’homme, qui souhaite rester anonyme, a souhaité s’expliquer sur les faits: «Je lis plusieurs articles où l’on parle de moi comme un tox en manque mais ce n’est pas vrai. J’ai encore vu Bobby, lundi, prendre sa voiture et conduire, il semblait aller bien. Ce n’est pas possible qu’il soit décédé à la suite des coups», confie le suspect. Particulièrement choqué par la tournure des événements, il a appelé lui-même la police, vendredi matin, pour faire le point sur les faits qui se sont déroulés quelques jours avant le décès de Bobby Böhmer.

Le parquet de Charleroi confirme ne pas avoir été avisé d’une plainte pour cette scène de coups. «Actuellement, il n’y a pas le moindre dossier ouvert pour cette affaire. Une autopsie sera probablement réalisée et ensuite, nous comptons investiguer pour faire la lumière sur ce dossier », détaille Sandrine Vairon, subsitute du procureur.