BRUXELLES

Voici à quoi ressemblera le quartier Rempart des Moines reconstruit

C’est un gros chantier qui se précise à la Ville: les «cinq blocs» du Rempart des Moines vont êtres détruits. 314 logements seront reconstruits, mais pas tous sociaux. L’ARAU critique une opération énergivore et le parking de 400 places.

La Ville de Bruxelles a présenté ce 22 octobre son projet pour le quartier du Rempart des Moines. 5 bureaux étaient sur le coup: c’est le regroupement nommé «TEAM 5+» (LAN à Paris et MDW à Bruxelles) qui appliquera ses idées aux «cinq blocs», barres de logements sociaux du nord du Pentagone, à la frontière entre les quartiers Dansaert et Anneessens.

Le chantier, prévu depuis 2016, s’annonce comme l’un des gros projets immobiliers de cette législature à la Ville. Il s’agira d’abord de démolir les 314 logements sociaux existants, bâtis en 1966. Cette démolition se fera en deux phases. Ensuite, 350 nouveaux logements seront produits: 210 logements sociaux gérés par le Logement Bruxellois et 140 logements moyens gérés par la Régie Foncière de la Ville. La distribution ira d’1 à 5 chambres. On notera que le nombre de logements sociaux diminuera: pour compenser, la Ville promet de mettre à disposition des terrains ailleurs sur son territoire.

 

Voilà comment les nouvelles constructions s’imbriqueront sur le triangle entre rue Rempart des Moines, rue du Grand-Serment et rue Notre-Dame-du-Sommeil. En haut, la place du Nouveau Marché aux Grain et à gauche, le square Jacques Brel.

 

«Il était grand temps»

Outre des jardins communs, une salle de sport de mini-foot et handball et deux salles d’arts martiaux ou gym seront incluses. La SLRB assure que le hall sportif actuel (inauguré en 2002) ne sera fermé qu’une fois les nouvelles installations opérationnelles. «Cette salle située dans les bâtiments démolis sera déplacée et recyclée ailleurs dans la ville» souligne Benoit Hellings, Premier Échevin et Échevin du Climat et des Sports à la Ville (Écolo). Un espace d’accueil pour seniors, des locaux de co-accueil pour la petite enfance et de nombreux emplacements de parking vélos sont aussi prévus. On apprend par ailleurs qu’un parking de 400 places sera creusé sous le site (lire ci-dessous).

«Il était grand temps que la Ville rénove ces bâtiments», commente le Bourgmestre Philippe Close (PS) dans le communiqué de la SLRB. Khalid Zian, Échevin du Logement (PS), se réjouit quant à lui de «renforcer la mixité sociale, par la cohabitation entre du logement social et moyen tout en limitant drastiquement la facture énergétique des futurs locataires grâce aux bâtiments passifs». Brigitte De Pauw, Présidente de la SLRB, estime pour sa part que «cette rénovation emblématique va transformer le quartier». La SLRB est très satisfaite du projet sélectionné, qui témoigne d’une haute qualité et qui accueillera ses futurs habitants dans des logements adaptés à leurs attentes.»

Le budget prévu tourne autour de 75 millions d’euros. Le chantier doit commencer à la charnière de 2022 et 2023.

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L’ARAU point le parking de 400 places et les logements moyens

Voici à quoi ressemblera le quartier Rempart des Moines reconstruit
L’ARAU estime préférable de rénover plutôt que de démolir et reconstruire. Team5+

L’ARAU n’a pas manqué de réagir à la présentation des premières ébauches du projet de destruction-reconstruction au Rempart des Moines.

L’Atelier taxe d’abord la Ville de «déni d’entretien et de rénovation», ce qui a conduit selon lui «le Logement Bruxellois et la Ville de Bruxelles à justifier la démolition comme “seule option envisageable”». L’ARAU n’est pas sur la même longueur d’ondes: «les raisons ayant présidé à ce choix sont toutes autres», croit-il savoir. «Il s’agit, d’une part, d’intégrer des logements moyens de la Ville de Bruxelles dans le nouveau projet et, d’autre part, de construire un parking de 400 places en sous-sol».

L’ARAU va plus loin: en opposition à d’autres rénovations du Logement Bruxellois, il estime «irresponsable» la démolition/reconstruction «énergivore», ce «alors que la Ville s’est déclarée en état d’urgence climatique». L’Atelier juge aussi très négative «la construction d’un parking “aspirateur” de trafic automobile en plein centre-ville. On pensait définitivement abandonnée l’idée d’y créer de nouveaux parkings».